Arbre de jardin dont on élague une branche morte depuis le sol

Comment élaguer ses arbres (et quand appeler un pro)

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Élaguer un arbre, ce n’est pas forcément lui enlever la moitié de sa couronne. Le plus souvent, on retire un peu de bois mort, une branche dangereuse ou deux rameaux qui se frottent. Depuis le sol, avec une scie et un sécateur, je m’occupe de mon jeune fruitier et des branches autour de 4 cm. Mon noisetier me connaît bien.

Pour un platane de 18 m au-dessus de la chambre ou une branche qui touche le faîtage, j’appelle un élagueur grimpeur. Si vous n’avez jamais élagué, c’est pas grave. On peut déjà apprendre à observer l’arbre, puis ne prendre en charge que ce qui reste vraiment accessible.

Les bonnes raisons d’intervenir

Je commence par repérer le bois mort, cassé ou malade. Je regarde ensuite les branches qui se croisent et abîment leur écorce, ainsi que les rejets vigoureux au collet. Une branche engagée dans des fils électriques relève du gestionnaire de réseau ou d’un professionnel habilité.

Étêter un chêne à 4 m pour gagner de la lumière n’apporte pas une solution durable. La grosse plaie favorise la pourriture et l’arbre répond souvent par des rejets nombreux, mal ancrés. Il peut ensuite dépérir au fil des années. Selon l’essence et les règles locales, cette pratique est interdite ou très fortement déconseillée.

Une période adaptée à l’arbre

Pour beaucoup de feuillus, la fin de l’hiver avant le débourrement convient aux petites interventions. La structure est visible et l’arbre est encore au repos. Le bouleau et l’érable peuvent beaucoup « saigner » à cette période. Pour eux, une intervention après la feuillaison est parfois préférable, selon l’essence et le climat. Au moindre doute, je demande l’avis d’un professionnel local.

J’évite les grosses coupes pendant une forte gelée ou une canicule. Retirer 30 % du houppier d’un seul coup provoque du stress, beaucoup de rejets et parfois du bois dégradé.

Les fruitiers du potager ont leurs propres tailles de formation et de fructification. On ne travaille pas un pommier basse-tige comme un grand orme. C’est une différence qui devient évidente dès qu’on les regarde côte à côte, avec le café à la main.

Une coupe propre sur petit diamètre

Sur un rameau fin, je coupe juste au-dessus d’un bourgeon ou d’une ramification, avec une légère inclinaison qui éloigne l’eau du bourgeon. Près du tronc, je respecte le bourrelet de branche. Je ne laisse pas un chicot de 20 cm et je ne coupe pas à ras dans le tronc, car ce bourrelet participe au recouvrement de la plaie.

Une scie d’élagage affûtée et un sécateur propre donnent une coupe nette. Entre deux sujets présentant chancres, suintements ou champignons, je désinfecte la lame.

Pour une branche un peu lourde mais encore accessible, la méthode en trois coupes évite d’arracher une longue languette d’écorce. Une première entaille se fait dessous, une deuxième coupe vient plus loin par-dessus pour enlever le poids, puis la coupe finale se place près du bourrelet.

Élagage d’une branche depuis le sol

La limite que je garde en tête

Je travaille avec un casque et des lunettes, en chaussures fermées. Une branche de 8 cm et de 3 m de long suffit à casser une vitre ou une épaule. Pour moi, la limite est simple : deux pied au sol. Une échelle et une scie à 4 m forment un mauvais duo, même quand on se sent en forme.

Les lignes électriques, la toiture et les branches qui risquent de tomber chez le voisin demandent un professionnel. Faire établir un devis coûte moins cher qu’une gouttière cassée, et la conversation reste plus agréable de l’autre côté de la clôture.

Le cas des fruitiers du jardin

Sur un pommier basse-tige, j’aère doucement le centre, retire le bois mort et raccourcis ce qui se croise. C’est de la taille de formation ou de fructification, avec un sécateur et une scie d’élagage d’environ 30 cm, toujours depuis le sol.

Le mot « gourmand » peut prêter à confusion. Sur un pommier, il désigne une pousse verticale très vigoureuse que l’on coupe ou que l’on arque selon le résultat recherché. Les gourmands de tomate n’ont donc que le nom en commun.

Un noyer de 20 m au-dessus de la terrasse reste, lui, une affaire de devis. Je préfère regarder quelqu’un d’équipé travailler que découvrir moi-même le poids d’une branche en mouvement.

Après la coupe

Sur une plaie propre, je n’applique pas de goudron cicatrisant. La plupart des spécialistes de la santé des arbres le déconseillent, car une coupe nette et bien placée se recouvre naturellement. Sur un arbre âgé, un diamètre supérieur à 8 ou 10 cm mérite un diagnostic professionnel.

Le bois sain peut devenir bûches ou broyat. Une bûche percée peut aussi rejoindre un hôtel à insectes. Je garde simplement les tas à distance du crépi pour ne pas retenir l’humidité contre la maison.

Une intervention mesurée

Sur un sujet adulte, je reste en dessous de 20 à 25 % du houppier sur l’année, et souvent bien en dessous. Le bois mort et dangereux passe en premier, puis ce qui gêne réellement un toit ou un passage. L’esthétique vient après. Un nuage de rejets l’année suivante indique souvent que la taille a été trop brutale.

Mon matériel tient en peu de choses : un sécateur bypass affûté, une scie d’élagage de 30 cm, des lunettes et, éventuellement, une scie sur perche maniée depuis le sol. Une tronçonneuse utilisée au-dessus de l’épaule présente un risque sérieux et n’a pas sa place dans mon entretien amateur.

Quand l’arbre dépasse ce cadre, voilà comment je m’y prends pour trouver un élagueur et vérifier devis et assurances.

Enfin, tailler une haie et élaguer un arbre sont deux gestes différents. Le silo végétaux garde les fiches au même endroit. On peut aimer s’occuper du jardin tout en laissant à l’arbre sa forme et, quand il le faut, en laissant le professionnel monter.