Un tilleul de 15 m peut déposer facilement 10 à 15 m³ de feuilles en six semaines. Le chêne en donne souvent un peu moins, mais elles sont plus coriaces. Chez moi, il y a surtout le noisetier et une bonne part de ce qui arrive du jardin voisin. Les feuilles ne connaissent pas le cadastre.
Le brûlage des déchets verts est interdit sauf dérogation locale, et ces feuilles ont encore bien des services à nous rendre. La déchetterie prend le surplus, bien sûr, mais avec un composteur et quelques massifs on peut déjà garder beaucoup de matière au jardin.
Un ramassage sans bataille
J’attends si possible un sol sec, puis je prends un râteau à feuilles et une bâche de 2 × 3 m. Je rassemble au milieu, replie les coins et traîne la bâche jusqu’au compost. Une charge de feuilles sèches pèse autour de 8 à 12 kg. Mouillées, elle peut approcher 25 kg, et mon dos s’en souvient mieux que moi.
Sur la pelouse, la tondeuse avec le bac et la lame assez haute broie et ramasse en un seul passage. Sans bac, je laisse le broyat sur place seulement quand le tapis fait moins de 2 cm. Un voile fin nourrit le gazon. Une couche de 8 cm de feuilles entières l’étouffe et laisse de la feutrine au printemps.
Le souffleur rend service sur les graviers et les allées, même s’il fait surtout voyager le problème. À la fin, je rassemble tout chez moi. Le voisin a déjà sa tondeuse du samedi matin, je ne vais pas lui offrir mes feuilles avec.
Quelques feuilles à mettre de côté
Les feuilles très atteintes, par exemple celles d’un rosier couvert de taches, d’un tilleul marqué ou d’un chêne avec de l’oïdium, ne vont pas dans mon compost destiné au potager. Il faudrait que le cœur du tas atteigne réellement 60 °C pour bien réduire le risque, ce qui arrive rarement dans un composteur de pavillon.
Je les porte en déchetterie ou je les garde dans un tas séparé pendant deux ans avant de les employer au pied des arbustes, loin des tomates. Pour le noyer, le thuya et le cyprès, les tanins et les résines ralentissent aussi la décomposition. Une petite quantité bien mélangée passe sans souci. Une couche pure reste compacte et aigre.
Trois usages simples au jardin
Au compost, les feuilles broyées apportent du carbone. Voilà mon rythme : environ 5 cm de feuilles, puis 3 cm de déchets de cuisine ou de tontes. Un composteur de 400 litres absorbe la récolte d’un petit jardin. Pour davantage, un silo d’environ 1 m sur 1 m convient bien. Je le remue au printemps et le compost mûrit en 9 à 18 mois selon l’humidité. Une odeur d’œuf signale généralement trop de vert ou trop d’eau. Des feuilles sèches rééquilibrent le tout.
En paillage, je dépose 5 à 8 cm de feuilles broyées sous les haies, les groseilliers et les rosiers, ou dans les allées du potager une fois les cultures retirées. Elles protègent le sol, nourrissent les vers et limitent les herbes spontanées. Je garde simplement 5 cm libres autour du collet des arbres, pour ne pas installer les campagnols au chaud contre l’écorce.
Je laisse aussi un petit tas de feuilles entières derrière le compost. Un mètre carré suffit déjà pour offrir un abri aux insectes et, parfois, aux hérissons. Ce coin un peu souple me plaît bien. Il donne aussi une bonne excuse pour rentrer boire le café avant d’avoir ratissé chaque feuille.
Le terreau maison de l’année suivante vient souvent de là : feuilles de l’automne, patience, puis compost.
La pelouse et les évacuations d’eau
Sous un platane, je regarde les gouttières une première fois en novembre, puis en décembre si l’arbre n’a pas terminé. Je ne monte pas sur la toiture. Si la gouttière n’est pas accessible en sécurité depuis une échelle stable, un professionnel s’en charge. Une descente bouchée peut tacher la façade et amener de l’humidité là où on n’en veut pas.
Les feuilles mouillées finissent aussi par former une pâte dans le caniveau et l’avaloir. Les enlever fraichement tombées prend dix minutes. Après plusieurs jours de pluie et de fermentation, c’est une autre affaire.
Dans un hôtel à insectes, je ne bourre pas les tubes de feuilles. Au sol et autour, en revanche, elles font une litière utile.
Les quantités qui conviennent à la pelouse
Un voile broyé d’environ 1 cm se décompose sur place et nourrit le gazon. À partir de 3 cm de feuilles entières et mouillées, des taches jaunes risquent d’apparaître en mars. Quand je manque de temps, je fais un seul passage avec la tondeuse et le bac. Le compost et les massifs prennent le reste.
Les sacs plastiques noirs fermés et oubliés pendant deux ans produisent surtout une boue privée d’air. Quinze centimètres de feuilles laissés sur le gazon tout l’hiver le font pourrir. Quant au bois communal, il n’est pas une déchetterie et le dépôt peut être sanctionné.
Le noyer, le chêne et les résineux
Les feuilles de noyer contiennent notamment de la juglone. Je les composte à part ou les utilise avec mesure sous des plantes tolérantes, mais pas en couche épaisse sur un potager de tomates la première année. Les feuilles de chêne, riches en tanins, passent volontiers un an en tas avant usage.
Les déchets de thuya ou de cyprès sont lents à se décomposer. En grande quantité, ils partent en déchetterie. En petit volume, ils peuvent rejoindre un mélange varié. Les aiguilles de pin me servent plutôt de paillage autour des plantes de terre de bruyère que sur la pelouse.
Un tas alternant feuilles, tontes et un peu de terre, gardé aéré et humide comme une éponge essorée, donne un beau terreau de feuilles. Dans un jardin de 400 m², deux week-ends d’automne suffisent souvent pour ramasser l’essentiel et couvrir les massifs. Le sac de collecte de la commune reste pratique pour le trop-plein. Le silo végétaux relie ensuite taille, feuilles et haies, tout simplement.