Voile d’hivernage P30 sur un olivier en pot, légèrement décollé du feuillage

Voile d hivernage plantes avis : P17, P30 ou housse zip

8 min de lecture

En 2023, j’ai cuit un olivier. Pas avec le feu, avec le voile. Un redoux de février, trois jours à 15 °C, et le sac laissé collé et fermé contre le feuillage. Quand j’ai ouvert, les feuilles étaient molles et brunes, avec une odeur de serre trop chaude. L’arbre a passé l’été à faire le mort, et il n’est jamais revenu.

Le voile d’hivernage, en une phrase : le P17 pour une nuit à -2 °C, le P30 à 30 g/m² pour tenir plusieurs semaines, la housse zip pour un pot à condition d’ouvrir dès 10 °C. Jamais collé aux feuilles. Comptez 8 à 20 € le rouleau et 15 à 30 € la housse, et rappelez-vous que ce n’est pas une serre.

Depuis mon olivier, j’en parle avec beaucoup moins de lyrisme. Ça ajoute 2 ou 4 °C, pas dix, ça ne se colle jamais au feuillage, et au redoux on aère. Sinon on rôtit ce qu’on croyait sauver.

Le guide des végétaux range le reste, et le moment de rentrer ou de caler les agrumes fera l’objet d’une autre note. Ici je compare ce que je mets vraiment : un P17, un P30, une housse à zip.

Ce que le gramme veut dire

P17, P30, ce sont des grammes par mètre carré de non-tissé. Plus c’est lourd, un peu plus ça isole, un peu moins ça respire, et un peu mieux ça tient au vent quand on l’attache correctement.

Le P17, à 17 g/m², c’est le voile fin. Un coup de froid annoncé, une salade, un agrume déjà calé contre le mur, une nuit à -2 °C, il fait le travail et je l’enlève dès que ça remonte. En revanche il se déchire vite, et le chat l’adore autant que le vent. Un rouleau, souvent 8 à 15 €, tient le potager quelques nuits, mais certainement pas un olivier tout l’hiver.

Le P30, à 30 g/m², c’est celui que je sors pour la durée : un olivier en pot, un laurier un peu exposé, plusieurs semaines d’affilée. On reste sur 2 à 4 °C de gagnés, ce n’est toujours pas une véranda. WerkaPro et Tenax font des rouleaux à 30 g/m² non tissés, ce sont ceux que je trouve le plus facilement par ici. Un rouleau, des ciseaux, de la ficelle, et pas besoin d’un costume sur mesure. Comptez 10 à 20 € selon la longueur, de quoi couvrir deux ou trois sujets si vous coupez juste.

La housse zip, c’est encore autre chose : un sac déjà formé, avec un zip et parfois une ouverture en haut. Gardebruk en fait, d’autres aussi, avec un zip sur toute la hauteur et une forme déjà taillée. C’est bien pratique pour un pot ou un petit arbre quand on n’a pas envie de replier un drap de voile tous les soirs. Plus chaude et plus fermée, elle cuit le sujet si on la laisse trop longtemps, trop près des feuilles et sans aération. Quinze à 30 € pièce, j’en ai deux tailles à la maison.

Je vous donne donc surtout l’usage : le 17 pour la nuit, le 30 pour la saison, et le zip pour le pot qu’on veut habiller vite, à condition d’ouvrir dès que le ciel se trompe de mois.

+2 à 4 °C, pas une serre

On lit parfois « protège jusqu’à -10 °C » sur les emballages. Ça dépend surtout de la plante, du vent, du pot et du mur. Un voile sur un olivier en pleine terre contre une façade ouest, ce n’est pas le même monde qu’un voile sur un pot posé au milieu de la pelouse avec le vent qui passe dessous.

Chez moi, avec un grand jardin un peu à l’écart, le vent a de la place pour s’exprimer. Un voile mal calé claque et se déchire, et les voiles se déchirent au premier coup de vent quand je les pince avec une seule pince à linge. J’ai appris à mes dépens, alors je les ancre et je les lace, sans jamais les tendre comme une peau de tambour sur les feuilles.

Deux à quatre degrés, c’est déjà énorme pour un agrume qui tenait à 0 °C et qui, sous le voile, passe une nuit à -3 °C sans trop broncher. En revanche c’est dérisoire pour un bananier de catalogue, et c’est pour ça que je n’en ai plus. J’ai arrêté d’essayer.

N’oubliez pas non plus que le pot gèle par le bas et que le voile posé sur le feuillage ne chauffe pas la terre. Je surélève donc un peu, cinq à dix centimètres, je rassemble les pots contre le mur, et je mets parfois un plaid ou du plastique à bulles autour du pot, jamais autour des feuilles. Mon olivier de 2023 avait le feuillage emballé et le pot nu posé sur la dalle, ce qui faisait deux bêtises pour le prix d’une.

Jamais collé au feuillage, aérer au redoux

C’est la phrase que je me répète chaque automne : un espace, même mince, trois ou quatre centimètres. L’air sous le voile, c’est justement lui l’isolant. Un tissu mouillé collé sur une feuille, c’est le gel qui entre, ou la cuisson au premier redoux.

Je mets donc un tuteur, un arceau, trois cannes de bambou, et le voile repose là-dessus plutôt que sur l’olivier. Pour la housse zip, je choisis systématiquement une taille au-dessus : trop juste elle épouse, elle colle et elle casse une branche dans le zip ; trop large elle claque, mais une housse trop large bien calée vaut mieux qu’une housse trop juste.

Quand la pluie colle le P17 sur les salades, je le relève le matin et les salades s’en remettent. L’olivier, lui, ne s’en remet pas, et c’est pour ça que je ne le laisse plus dans un sac fermé.

Le zip, je l’ouvre en haut dès que la journée dépasse 10 °C. Même en janvier, avec un peu de soleil contre le mur ouest, ça monte drôlement là-dessous. On le sent tout de suite en glissant la main dedans, et on le sent surtout trop tard si on n’ouvre jamais.

Le redoux, en Auvergne, c’est ce menteur de février, parfois janvier, parfois novembre. Quinze degrés, le ciel bleu, on se dit que l’hiver est passé. Il n’est pas passé, c’est une pause. Alors on ouvre, sans pour autant tout déshabiller pour trois jours si le gel revient jeudi : on ouvre le zip, on soulève le voile, on laisse respirer, et on referme le soir si ça retombe.

Depuis 2023, quand je dois m’absenter, je préfère un P30 sur arceaux, ouvert en bas, plutôt qu’une housse zip fermée. La housse, je la sors quand je suis là et que je peux tirer le zip le matin. C’est un outil de présence, pas quelque chose qu’on laisse fermé une semaine entière.

Les plantes en pleine terre, haies et arbustes rustiques, n’ont besoin d’aucun costume. Le guide pour tailler les haies suffit largement pour le troène, et je n’ai jamais mis un voile sur une haie de hêtres, faute d’avoir un kilomètre de P30 sous la main. Je garde le voile pour ce qui gèle vraiment : les pots, les agrumes, un jeune sujet fragile.

P17, P30, housse zip : ce que j’achète

Trois objets, trois usages. C’est un achat raisonné, pas un top 10.

Critère Option A Option B Option C
Produit Voile P17 (17 g/m²) Voile P30 (30 g/m²), Tenax ou WerkaPro Housse zip (Gardebruk ou voisine)
Gain +2 °C à peu près, une nuit +2 à 4 °C, plusieurs semaines Plus fermé, plus chaud, plus risqué
Usage Salades, gel annoncé à -2 °C Olivier, laurier, agrume contre le mur Pot qu’on habille vite, si on est là
Ticket 8 à 15 € le rouleau 10 à 20 € le rouleau 30 g 15 à 30 € la housse
Attention Se déchire, à retirer le lendemain Ancrer, ne pas coller, aérer au redoux Ouvrir dès 10 °C, taille au-dessus

L’option B est mon achat de saison : un rouleau Tenax ou WerkaPro en 30 g/m² non tissé, que je coupe à la demande. L’option A, je la garde pour le potager, le temps d’une nuit. L’option C, ce sont mes deux housses zip pour les pots près du mur, et uniquement parce que je peux les ouvrir moi-même le matin.

Au printemps je range le voile bien sec, parce qu’un voile mouillé roulé en boule dans le cabanon devient un chiffon d’ici l’automne suivant. Je l’étends une heure, je le plie, et je graisse un peu le zip s’il rame. Ce que je ne fais plus, c’est le forcer sur une branche.

En pratique

  1. Ne voilez pas le 4 septembre. Trop tôt. Rapprochez les pots du mur, sortez le rouleau, vérifiez que les housses sont sèches et sans trou de souris. Protéger les agrumes dès septembre, c’est le calendrier. Le voile, c’est le manteau.
  2. Quand les nuits annoncent le gel, souvent octobre ici, parfois plus tôt : P30 sur arceaux, 3 à 4 cm au-dessus du feuillage. Pot surélevé de 5 à 10 cm, éventuellement isolé, feuillage non collé.
  3. P17 seulement pour une nuit à -2 °C sur les salades. Retiré le lendemain.
  4. Housse zip : taille au-dessus, zip ouvert dès 10 °C. Absents quelques jours : P30 ouvert en bas, pas un sac fermé.
  5. Au printemps, sécher une heure, plier, rentrer. Le guide des végétaux reste le pilier. Un lien vers les haies, parce que septembre c’est aussi la taille, pas un second article là-dessus.

Deux à quatre degrés, un peu d’air et un zip qu’on pense à ouvrir : c’est tout ce que j’ai retenu, depuis le jour où j’ai servi un olivier à l’étouffée.