Tondeuse robot rentrée au sec dans un cabanon, prête pour l'hiver

Hiverner sa tondeuse robot (sans la laisser pourrir au hangar)

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Hiverner une tondeuse robot, ce n’est pas faire une vidange, puisqu’il n’y a pas d’essence à sortir. Le problème est ailleurs : l’humidité du hangar, une batterie oubliée à plat, et des lames collées de jus d’herbe jusqu’en mars. J’ai déjà laissé un outil passer l’hiver contre le mur du cabanon, et au printemps j’ai retrouvé de la rouille et une odeur. Je ne fais pas le même coup au robot.

Le guide tondeuse robot dit l’essentiel sur le choix de la machine ; ici on parle du geste d’automne. Et les lames de rechange, c’est le petit sachet à commander pendant qu’on y pense.

Hiverner un robot, c’est le rentrer propre, avec la batterie hors gel et la base au sec. Pas le laisser dehors au cas où il y aurait un redoux. Chez moi le hangar fuit un peu, et mars se prépare en novembre, pas le 2 mars en panique devant une machine morte.

5 gestes avant le premier vrai gel

Chez moi, en Auvergne, l’herbe ralentit bien avant les calendriers de plaine, et un vrai gel peut arriver dès novembre, parfois plus tôt dans un creux. Je ne me fie donc pas au 15 novembre lu sur un forum, je me fie à la pousse.

Tant que je tonds encore toutes les semaines, la machine a du travail. Quand je passe et que rien n’a presque bougé, je commence à espacer les cycles, puis je m’arrête complètement. Une terre gorgée d’eau et un gel annoncé, ça n’a plus de sens de la laisser tourner pour trois brins.

Ce que je ne fais pas, c’est la laisser dehors au cas où. Le redoux finit par arriver, la pluie aussi, et la base prend l’eau par le côté dès que le cabanon fuit. Le mien fuit un peu, je le sais parfaitement.

Une année, j’ai laissé une thermique dehors « encore un week-end », et le week-end est devenu un mois. Au printemps, le bac était une soupe. Depuis, dès que ça ne pousse plus, je rentre la machine. Le robot n’a pas d’essence, il a une carte électronique et une batterie, ce qui est pire à sa façon.

3 points : laver, batterie, abri

On commence par nettoyer le dessous. L’herbe qui sèche en croûte retient les lames, l’humidité et les bestioles, alors je prends un seau, une spatule en plastique et un jet doux. Surtout pas le karcher dans les cartes et les capteurs : la plupart des notices parlent d’étanchéité, et étanchéité ne veut pas dire indestructible.

Je retourne la machine sur un carton plutôt que sur ses lames, je regarde les axes, et je sèche au chiffon. Passer l’hiver dans un endroit humide avec de l’eau coincée quelque part, c’est offrir de la corrosion en cadeau.

Je passe aussi le châssis, parce que la boue du talus s’accroche bien par ici. Sur un modèle à chenilles, je les dégage, parce qu’un caillou coincé est exactement le genre de bêtise qui marque le plastique pendant tout l’hiver.

Et je ne la rentre jamais trempée. Une heure au soleil d’octobre, porte du cabanon ouverte, suffit généralement. Un jour où j’étais pressé, je l’ai rentrée mouillée derrière le sac de terreau, et en mars il y avait une odeur de cave et une vis blanchie.

La batterie, elle, aime pas le gel du hangar, pas plus qu’un 100 % oublié sur une étagère jusqu’en avril ou qu’un 0 % laissé « pour la reposer ». Chaque chimie a sa notice, alors on la lit, et on ne fait pas le malin avec les conseils du cousin qui a une perceuse.

Sur une LiFePO4 comme celle de la Lymow One, on est plus tranquille qu’avec une vieille Li-ion de vélo : ça tient les cycles et ça tient mieux dans le temps. Ça n’aime quand même pas dormir dehors à -8 °C dans un cabanon qui n’est jamais qu’un toit. Je la stocke donc au sec, à la maison ou dans un local qui ne gèle pas vraiment, en charge partielle et souvent autour de la moitié quand la notice le recommande. Je ne vais pas donner un chiffre magique valable pour toutes les marques, je donne le réflexe : la notice, un local hors gel, et pas de charge oubliée en boucle tout l’hiver.

Si la batterie se retire, je la retire ; si elle ne se retire pas, c’est la machine entière qui vient au sec, sans discussion.

Un hangar de jardin, chez moi, c’est de la tôle, de la poussière, quelques fuites et le seau posé trop près. Ce n’est pas un local technique, et y laisser un robot tout l’hiver revient à le poser dans une cave humide avec des araignées en supplément.

Ce que je cherche, c’est un endroit sec, hors gel si possible, pas sous un sac d’engrais qui fuit et pas collé au bidon d’essence de l’autre machine.

La base de charge suit le même chemin : je la rentre, ou je la mets vraiment au sec. J’essuie les plots et j’enroule les câbles sans les plier comme un brutal. Un rongeur a déjà goûté un fil dans le cabanon, alors je range les câbles en hauteur ; c’est laid, et ça reste entier.

Si vous n’avez que le garage de la voiture, un coin sur palette à l’écart des passages fera très bien l’affaire. Une housse légère contre la poussière, oui ; une bâche fermée qui condense, non. J’ai déjà protégé un outil comme ça, et au printemps tout était mouillé par-dessous.

3 options pour l’hiver de la machine

Option Où ça a un sens Ce que je fais
Local hors gel (maison, cellier clair) Batterie LiFePO4 ou Li-ion, machine propre Charge selon notice, hors gel, au sec
Garage voiture, coin sur palette Pas de vrai local, mais hors des fuites du hangar Loin des passages, housse ouverte, pas de bâche fermée
Hangar de jardin « comme d’habitude » Presque jamais, ici Je ne le fais plus. Humidité, gel, souris
Lymow One

Lymow One

Batterie LiFePO4, plus tranquille à stocker qu’une vieille Li-ion
Chenilles à dégager de la boue du talus avant l’hiver
Navigation RTK, pas de fil à rentrer avec la machine
App en anglais, à mettre à jour avant de râler en mars
Pas un mode bordure miracle au redémarrage

Ce n’est pas un classement, c’est la machine qui correspond à un jardin un peu trop grand, un peu tordu et un peu à l’écart. Pour l’hivernage, sur ce genre d’engin, tout tient en trois mots : propre, au sec, batterie hors gel. Le pilier s’occupe du reste du choix.

En pratique

Avant la première vraie gelée, je me scotche une liste quelque part : arrêter les cycles quand ça ne pousse plus, laver le dessous et sécher, contrôler les lames et en commander si besoin, mettre la batterie hors gel en la chargeant selon la notice, ranger base et câbles au sec et hors de portée des souris, et noter le code de l’appli quelque part, parce qu’en mars on l’a toujours oublié.

Les lames, je les regarde maintenant et pas en mars. Pointes blanches, arêtes émoussées, métal tordu : je change. Je n’affûte jamais ces petits triangles, et j’ai déjà noté lesquelles prendre et quand. Un jeu propre avant de ranger, ou les lames sorties, parce que le hangar prend l’humidité et l’acier avec lui.

En mars, ici, ce n’est pas mai, et il peut encore geler. Je sors donc la machine quand l’herbe repart vraiment, pas parce que le calendrier a une case à cocher.

Avant de la reposer au jardin, je recharge selon la notice, je nettoie une dernière fois ce que j’avais loupé, je remets la base de niveau ailleurs que dans une flaque de fonte, et je refais un tour des limites, ce qui est indispensable après un hiver : une branche, un seau, ou un chantier de Madame ont pu bouger quelque chose.

Je mets aussi l’appli à jour avant de commencer à râler, ce qui m’évite une matinée entière à croire que la machine est morte.

Le premier jour, je reste dans le coin plutôt que de filer trois heures au café en ville. On regarde si elle rentre bien, si elle ne se plante pas dans la taupinière de février, et si le talus n’a pas glissé.

Une fois, j’ai relancé trop tôt, sur une neige fondue et une terre molle, et la machine a fait des ornières que j’ai contemplées jusqu’en mai. Depuis, j’attends que le sol porte.

1 pont vers l’autoportée, pas une vente

Si vous avez encore une autoportée, l’hiver est un tout autre métier : essence, vidange, hangar, parfois un cric. Je ne vous vends pas une autoportée, j’en parle uniquement pour que vous ne mélangez pas les deux notices. Le robot, on le rentre propre ; l’autoportée, on la traite comme une thermique. Deux étagères, deux calendriers.

Le samedi non plus n’a rien à voir : l’un tond pendant que vous êtes ailleurs, l’autre, vous le conduisez. L’hiver, les deux dorment, simplement pas de la même façon.

En mars, la reprise tient dans un après-midi et pas dans une journée de guerre. Si quelque chose cloche, c’est le plus souvent une lame, un plot sale, ou le Wi-Fi du cabanon qui a rendu l’âme pendant l’hiver.

Et si vous n’avez jamais hiverné de robot, commencez simplement par le laver et le rentrer. C’est déjà l’essentiel du travail ; le reste tient dans la notice, et dans le fait de ne pas oublier la machine derrière le sac de terreau.