Pelouse de grande surface tondue, traces de roues d'autoportée

Les tondeuses autoportées : quand ça vaut le coup

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Une tondeuse autoportée peut vraiment soulager quand le terrain devient grand. C’est tout de même une machine de 150 à 250 kg pour les modèles courants, longue d’environ 1,50 m, avec un moteur, un bac de coupe et de l’entretien. Sur les 400 m² de mon jardin, je n’en aurais pas l’usage. Sur les 3 000 m² un peu bosselés d’un copain, elle change complètement la séance de tonte. J’ai pu voir la différence, même si nous avons continué la conversation un peu plus loin du moteur.

La surface compte, mais la forme du jardin, la pente et les passages étroits comptent tout autant.

Quelques repères de surface

Pour une pelouse ordinaire sous climat français, je pars de ces ordres de grandeur :

  • Sous 800 m², une tondeuse poussée ou tractée, ou une tondeuse robot, suffit généralement.
  • Entre 800 et 1 500 m², un rider compact peut devenir intéressant si le terrain est bien ouvert.
  • Entre 1 500 et 5 000 m², une autoportée de 90 à 110 cm de coupe fait gagner beaucoup de passages.
  • Au-delà de 5 000 m², une largeur de 110 cm ou davantage peut se justifier, à condition que les accès laissent passer la machine.

Ce ne sont pas des frontières au centimètre près. Un terrain plat de 1 200 m² sans obstacle est plus simple qu’un verger de 900 m² avec des arbres, des massifs et une mare.

La largeur de coupe suit à peu près la surface. On trouve autour de 76 cm sur les riders compacts, de 92 à 107 cm pour des jardins plus vastes, puis 112 cm et davantage. Trop étroite, elle multiplie les tours. Trop large, elle reste coincée entre le noyer et la haie, ce qui fait une très belle tondeuse de garage.

Regarder le terrain avant la fiche technique

Sur une pente, je suis la limite donnée par le constructeur. Beaucoup de machines grand public deviennent délicates dans un dévers de 15 à 20 %, parfois avant selon l’adhérence et la configuration. Le risque de basculement est bien plus important de côté que dans une montée en ligne droite. Si le jardin comporte un vrai talus, une machine conçue pour la pente ou une autre solution mérite d’être étudiée.

Avec douze arbres et un massif central, le rayon de braquage devient presque plus important que le moteur. Une tondeuse tractée ou un robot peut être plus à l’aise dans les recoins. Les racines apparentes, les trous de taupe et une allée en gravier réclament aussi un peu de hauteur sous le carter. Je finis volontiers quelques bordures au coupe-bordure plutôt que de faire racler le plateau.

Le moteur et l’entretien à prévoir

La consommation dépend beaucoup du moteur, de l’herbe et de la largeur de coupe. Pour un modèle de jardin courant, on est plutôt dans un ordre de grandeur de 1,5 à 4 litres d’essence par heure, et non dans les consommations d’un tracteur agricole. Sur une grande saison, cela reste un poste à compter.

Il y a aussi la vidange, le filtre, la bougie et l’affûtage des lames. Je vérifie le calendrier du fabricant, car il est souvent indiqué en heures de fonctionnement. Deux contrôles d’affûtage par saison sur 2 000 m² ne sont pas excessifs. Une lame voilée vibre, coupe mal et fatigue le plateau.

Au poste de conduite, beaucoup de machines thermiques atteignent un niveau sonore qui justifie une protection auditive. Le manuel donne la valeur mesurée. Je choisis aussi un horaire correct, histoire de rester en bons termes avec le voisin qui voulait dormir le dimanche matin.

Pour le stockage, il faut un sol stable, un local sec et assez de largeur pour manœuvrer. L’essence se conserve uniquement dans un récipient homologué, dans un endroit ventilé et loin de toute source de chaleur. Pour l’hiver, je suis la notice concernant le carburant et la batterie. Six mois dehors sous une bâche n’offrent pas les mêmes conditions.

Le prix varie énormément selon la transmission, la coupe et le réseau d’entretien. En occasion, je regarde le démarrage à froid, les fuites, le bruit du plateau, l’état des courroies et la disponibilité des pièces. Si je ne connais pas la mécanique, un passage chez un réparateur avant l’achat peut éviter une mauvaise surprise.

Autoportée ou robot

Si l’objectif est de ne plus consacrer une séance entière à la tonte, un robot peut être plus adapté à une pelouse entretenue régulièrement. Le guide tondeuse robot passe en revue la surface, les pentes, les obstacles et l’installation.

L’autoportée garde un avantage sur une grande prairie, une pousse devenue haute après plusieurs semaines, ou quand on veut ramasser. Elle peut aussi tracter certains accessoires prévus par le constructeur. Un robot, lui, entretient peu et souvent, mais il ne fauche pas un pré.

En mai humide, l’herbe collante peut boucher un système de mulching. Le bac permet alors de ramasser, avec plusieurs allers jusqu’au compost. Quand l’herbe est sèche et qu’on ne retire pas plus d’un tiers de sa hauteur, un mulching fin rend les résidus au sol sans former d’andains.

Les détails que je regarderais

La largeur de coupe et le rayon de braquage compte autant que la puissance. Je regarde aussi le dégagement du plateau, l’accès aux lames, le confort du siège et la facilité de vidage du bac. Une transmission hydrostatique permet de changer d’allure sans jongler avec les rapports, ce qui devient agréable près des arbres.

Pour une utilisation en France métropolitaine, je m’intéresse surtout au démarrage, au stockage hivernal et au service après-vente local. Les accessoires pour neige n’ont guère d’intérêt dans la plupart de nos jardins.

Si vous n’avez jamais conduit ce genre de machine, ce n’est pas compliqué, mais une prise en main dans une zone dégagée est bienvenue. On repère le frein, la marche arrière, l’arrêt des lames et les limites de pente avant d’aller tourner autour des rosiers de madame.

Pour la hauteur de coupe, la scarification et le reste du tapis, le silo sol et la fiche sur les mauvaises herbes complètent le sujet. Une autoportée fait très bien son travail de tonte. Le sol, lui, demande toujours qu’on évite de couper trop ras et de rouler quand il est détrempé.