Quand une marque annonce deux mille mètres carrés pour mille cent euros, j’ai toujours le même réflexe : je relis la ligne deux fois, et je cherche où est le compromis. Chez Dreame, il y en a bien un, mais il n’est pas là où on l’attend, et c’est justement ce qui rend cette machine intéressante à regarder pour quelqu’un qui a un grand terrain sans avoir envie d’y mettre le prix d’une voiture d’occasion.
Dreame vient de l’aspirateur robot, comme Ecovacs, et arrive sur le jardin avec une technologie de cartographie déjà rodée à l’intérieur. L’A1 Pro est leur modèle le plus vendu en France, souvent trouvé autour de 1 099 €. Je ne l’ai pas usé chez moi, je le répète parce que ça compte : ce que je vous donne, c’est de la lecture de fiches, des essais filmés, et le recoupement avec ce que je connais d’un terrain qui n’est pas un catalogue.
Le Dreame A1 Pro navigue avec un LiDAR 3D à 360° appelé OmniSense, sans fil périphérique et sans antenne RTK à planter. Il est annoncé pour 2 000 m² en vingt-quatre heures, tond selon une trajectoire en U régulière, et ses roues tout-terrain encaissent l’herbe humide. Le point faible connu de la génération A1, c’est la finition de bordure.
Le guide tondeuse robot compare les modes de navigation. Ici je regarde ce modèle-là, ce que valent ses deux mille mètres carrés, et ce qu’il faut accepter en échange du prix.
Deux mille mètres carrés, oui, mais en vingt-quatre heures
C’est le genre de nuance qui change tout et que les fiches produit écrivent en petit. Les deux mille mètres carrés sont donnés sur un cycle complet de vingt-quatre heures, charges comprises, donc la machine tourne quasiment en continu pour y arriver. Ça marche, mais ça veut dire un robot qui passe sa vie dehors, jour et nuit, et une pelouse qui n’est jamais entièrement fraîche au même moment.
Sur un terrain de mille mètres carrés, en revanche, il fait le tour dans la journée sans forcer, et là on est dans une zone très confortable. C’est de cette façon que je lirais le chiffre : deux mille en usage maximal, mille à mille deux cents pour un fonctionnement tranquille avec des plages horaires civilisées. Chez moi, avec des voisins à distance mais un chien qui n’aime pas les bruits nocturnes, je ne le ferais pas tourner la nuit.
La trajectoire en U est un vrai plus visuel. Au lieu de partir dans tous les sens comme les vieux robots à rebond aléatoire, il fait des bandes parallèles, comme une tondeuse poussée par quelqu’un de méthodique. La pelouse a l’air peignée, et surtout il ne repasse pas trois fois au même endroit en oubliant le fond du jardin. Sur une grande surface, cette régularité fait gagner des heures.
Sans RTK, sans antenne, et ça vaut le détour
L’A1 Pro se repère uniquement au LiDAR, ce qui veut dire aucune antenne à visser au pignon, aucun mât à planter, et aucune dépendance au ciel. Pour un terrain sous les arbres, dans un vallon, ou coincé entre des bâtiments, c’est le bon principe, et c’est exactement la raison pour laquelle je regarde cette catégorie de machines plutôt que les modèles à satellite.
À l’installation, on pose la base, on lance l’application Dreamehome, et on promène le robot sur le tour du jardin pour qu’il construise sa carte. Ensuite on découpe les zones, on interdit le potager et le bassin, et on programme. Les essais que j’ai vus parlent d’une bonne heure au total pour un jardin normal, ce qui reste sans commune mesure avec un après-midi de câble enterré.
Les roues sont annoncées tout-terrain, avec un profil marqué, et les avis convergent sur ce point : ça accroche correctement dans l’herbe mouillée et sur les faux plats. On n’est pas dans la catégorie du quatre roues motrices qui grimpe un talus raide, mais pour un terrain vallonné sans être acrobatique, ça passe. Le franchissement reste celui d’un robot classique, donc la racine du hêtre l’arrêtera comme les autres.
Dreame Roboticmower A1 Pro
Un mot sur la gamme, parce qu’elle prête à confusion. Il y a l’A1, l’A1 Pro et l’A2, et ce n’est pas le prix qui les classe : l’A1 Pro se trouve souvent moins cher que l’A1 selon les périodes, et l’A2 corrige la bordure avec un plateau qui sort sur le côté. Lisez la ligne du titre, pas la photo.
Le compromis, il est là
La bordure, donc. Sur la génération A1, la machine laisse une bande annoncée entre vingt et trente centimètres le long des limites, ce qui est franchement plus que la moyenne. Sur un jardin avec beaucoup de murs et de massifs, ça fait un vrai travail de finition chaque semaine, et si c’est votre cas il vaut mieux viser l’A2 ou le Goat d’Ecovacs.
L’absence de module 4G se remarque le jour où le robot sort de portée du Wi-Fi, au fond du terrain. Il continue de tondre, il ne se perd pas, mais vous ne le pilotez plus depuis le téléphone tant qu’il n’est pas rentré. Sur un grand jardin allongé, c’est une contrainte réelle qu’il faut connaître avant, plutôt que de la découvrir un dimanche.
| Critère | Dreame A1 Pro | Ce que j’en fais |
|---|---|---|
| Navigation | LiDAR 3D 360°, sans RTK | Tient à l’ombre |
| Surface | 2 000 m² sur 24 h | Je compte 1 200 en usage normal |
| Coupe | Trajectoire en U | Pelouse régulière, gain de temps |
| Bordure | 20 à 30 cm laissés | Le vrai défaut |
| Connexion | Wi-Fi seul, pas de 4G | Gênant sur terrain allongé |
| Prix | Souvent vers 1 100 € | Le meilleur ratio du lot |
En pratique
- Divisez par deux la surface annoncée si vous ne voulez pas faire tourner la machine la nuit.
- Mesurez vos mètres de bordure. Au-delà de cent mètres, la finition hebdomadaire devient une corvée.
- Testez la couverture Wi-Fi au fond du jardin avec votre téléphone, avant de commander.
- Vérifiez la référence exacte : A1, A1 Pro ou A2, les prix se croisent et les fiches se ressemblent.
- Prévoyez une heure pour la première cartographie, avec le robot piloté à la main sur tout le tour.
- Découpez les zones interdites dès le premier jour : potager, massifs, bassin, tas de bois.
- Réglez la hauteur de coupe assez haut en été, autour de 45 mm, pour éviter de griller la pelouse.
Pour un grand terrain à l’ombre, avec peu de bordures et un budget serré, c’est le rapport surface sur prix le plus favorable que j’aie trouvé cette année. Pour un jardin de ville plein de murets, le défaut de bordure pèse trop lourd, et le guide tondeuse robot rappelle bien que la surface annoncée n’est jamais le seul critère qui compte.