Robot tondeuse compact sur une pelouse de pavillon en fin de journée

Mammotion Yuka Mini 2 : le robot que je regarderais en premier

7 min de lecture

Le samedi matin, chez nous, commence toujours par le même arbitrage : soit je tonds, soit je fais autre chose, et comme je tourne toute la semaine pour le boulot je ne rentre vraiment que le vendredi soir. La pelouse, elle, n’attend pas ma disponibilité, et quand elle a pris une semaine d’avance elle devient pénible à rattraper, surtout après une pluie d’août. Voilà pourquoi je regarde les robots depuis deux ans sans en avoir encore acheté un, et pourquoi je me suis fait une petite liste que je remets à jour chaque printemps.

En tête de cette liste, aujourd’hui, il y a la Mammotion Yuka Mini 2, dans sa version 800 avec le LiDAR. Autant le dire tout de suite pour qu’on parte sur de bonnes bases : je ne l’ai pas eue trois semaines dans le jardin. J’ai lu les fiches, j’ai regardé des installations filmées par des gens qui l’ont vraiment déballée chez eux, et j’ai croisé tout ça avec mon terrain, qui n’a jamais été plat et qui ne le sera pas demain.

La Yuka Mini 2 800 est un robot sans fil périphérique, guidé par un LiDAR 360° et une vision par caméra, donné pour 800 m² et des pentes jusqu’à 45 %. Autour de 800 €, c’est le point d’entrée le plus sérieux que je connaisse pour un jardin de pavillon avec des arbres et un talus modéré. La largeur de coupe reste petite, 190 mm, alors il lui faut du temps.

Le guide tondeuse robot reprend le principe général, les pentes, le fil et le sans-fil. Ici je reste sur cette machine-là, sur ce qu’elle promet et sur les endroits où je serais prudent avant de sortir la carte bleue.

Le LiDAR, et pourquoi ça m’intéresse chez moi

Les premiers robots sans fil se repéraient au satellite, avec une antenne RTK plantée quelque part dans le jardin, et ça marchait très bien tant qu’on avait le ciel dégagé. Chez moi, il y a une allée de hêtres qui font de l’ombre à peu près partout entre mai et octobre, et c’est exactement le genre de couvert qui fait perdre le signal à une antenne. Un robot qui perd sa position, il s’arrête bêtement au milieu de la pelouse, et vous le retrouvez le dimanche soir en rentrant les poubelles.

Le LiDAR travaille autrement : il balaye ce qui l’entoure au laser, à 360°, et il se repère sur la forme du jardin plutôt que sur le ciel. Sous les arbres, le long d’un mur, dans un passage entre le cabanon et la haie, il continue de savoir où il est. La marque annonce un balayage à 360° couplé à une caméra et une reconnaissance de plus de trois cents types d’obstacles, ce qui est un chiffre de communication, mais le principe, lui, tient debout. Les démos que j’ai regardées le montrent contourner un tuyau d’arrosage et un panier, sans le drame habituel.

Ce que ça change au moment de l’installation, c’est le temps passé à genoux, qui tombe à zéro. On pose la base, on lance l’application, on fait un tour du jardin en le pilotant, et il en garde une carte. Comparé à l’après-midi de câble enterré autour d’un terrain de 800 m², avec les cavaliers, la bêche et les jurons, je vois assez bien lequel des deux je préfère.

800 m² annoncés, ce que ça donne dans un vrai jardin

La règle que j’applique à toutes les fiches, quelle que soit la marque, c’est d’enlever vingt pour cent à la surface annoncée. Un robot donné pour 800 m² sera à l’aise sur 650, il aura le temps de repasser aux endroits qu’il a ratés, et il ne tournera pas en permanence comme un employé en retard. Ça vaut aussi pour la Yuka Mini 2, qui est une petite machine avec une largeur de coupe de 190 mm : elle fait des passages étroits, donc elle fait beaucoup de passages.

Sur la pente, la fiche parle de 45 %, ce qui correspond à peu près à 24 degrés. Mon talus derrière le cabanon doit tourner autour de 20 degrés, et l’herbe y est souvent humide le matin parce que le creux garde la fraîcheur. Un robot à roues sur un talus mouillé, ça patine, et la fiche ne le dit jamais. Si votre terrain monte franchement, regardez plutôt du côté des modèles à quatre roues motrices, quitte à mettre le double.

La hauteur de coupe va de 20 à 60 mm, ce qui est une plage confortable. Je resterais assez haut, vers 45 ou 50, parce qu’une herbe coupée court en plein été grille en trois jours et que ça, je l’ai payé assez souvent pour m’en souvenir. Le passage mini annoncé est de 55 cm, alors mesurez le goulet entre votre terrasse et le massif avant de commander, c’est le genre de détail qui ruine un achat.

Mon point d'entrée 2027

Mammotion Yuka Mini 2 800 LiDAR

LiDAR 360°, tient sous les arbres
Aucun fil à enterrer
Pente annoncée à 45 %
Passage étroit dès 55 cm
Largeur de coupe de 190 mm, donc lent
800 m² annoncés, je compterais 650
Marque jeune, réseau de SAV léger

Je ne mets pas de prix ici, il bouge tous les quinze jours et il a déjà fait le grand écart entre 699 et 899 € en une saison. Regardez le jour où vous achetez, et méfiez-vous des versions : il existe une 500, une 800 et une 1000, et seules certaines embarquent le LiDAR.

Là où je serais prudent

Mammotion est une marque récente, chinoise, qui vend surtout en ligne. Le matériel a l’air bon et la communauté est active, mais il n’y a pas le concessionnaire à vingt minutes qui vous reprend la machine en février. Si votre priorité c’est de déposer le robot chez quelqu’un quand il tousse, une Husqvarna ou une Gardena vous ira mieux, même avec un fil à enterrer.

L’autre point, c’est la bordure. Comme presque tous les robots de cette taille, la Yuka Mini 2 laisse une bande le long des murs et des massifs, et il faudra repasser au coupe-bordure une fois par mois. Les fabricants promettent tous de la finition au ras, et dans les faits on retrouve toujours ces quelques centimètres. Je préfère le dire plutôt que vous laisser le découvrir.

Critère Yuka Mini 2 800 Ce que je regarde
Navigation LiDAR 360° + caméra Tient sous les hêtres
Surface 800 m² annoncés Je vise 650
Pente 45 % (environ 24°) Talus mouillé, prudence
Coupe 190 mm, 20 à 60 mm Lent mais régulier
Passage mini 55 cm À mesurer chez vous
SAV En ligne, marque jeune Le vrai point faible

En pratique

  1. Mesurez la surface réelle de pelouse, pas la surface du terrain. Enlevez la terrasse, les massifs, l’allée.
  2. Retirez 20 % au chiffre du fabricant. Si vous tombez sous 650 m², la 800 est dans sa zone.
  3. Mesurez le passage le plus étroit du jardin. Sous 55 cm, il faudra une deuxième zone et un transport à la main.
  4. Regardez votre pente à l’oeil et au niveau. Au-delà de 20 degrés avec de l’herbe humide, changez de catégorie.
  5. Vérifiez la version avant de valider le panier : 500, 800 ou 1000, avec ou sans LiDAR, ce n’est pas la même machine.
  6. Prévoyez une prise extérieure protégée pour la base, à l’abri de la pluie et pas sous la gouttière.
  7. Gardez le coupe-bordure. Une fois par mois, le long des murs, ça reste votre travail.

Si je devais mettre 800 € dans un robot cette année, pour un jardin de taille normale avec des arbres et un peu de relief, c’est celui-là que je prendrais, en sachant très bien ce que j’accepte : une marque jeune, une machine lente, et un SAV qui se fait par mail. Le guide tondeuse robot replace tout ça dans le contexte du terrain, parce qu’au fond la bonne machine, c’est toujours celle qui correspond à votre pelouse et pas au comparatif du voisin.