Petit bassin hors-sol en Auvergne, niveau d’eau baissé avant l’hivernage

Comment hiverner sa piscine : actif, pas juste la bâche

9 min de lecture

Jeter une bâche et rentrer les jeux, ça s’appelle recouvrir, pas hiverner. Chez moi la piscine n’est pas un rectangle de magazine, c’est un bassin simple posé dans un grand jardin un peu à l’écart, avec un hêtre qui lui envoie ses feuilles dès qu’il en a l’occasion. Si je me contente de couvrir, je retrouve en mars une soupe, des skimmers coincés, et parfois une ligne d’eau qui a travaillé le liner.

Hiverner pour de vrai, c’est le niveau d’eau, les skimmers, le hors-gel, et un peu de chimie avant tout ça. Ce n’est pas un week-end de catalogue non plus : un après-midi, parfois deux, quand l’eau a assez baissé. Le guide piscine pose le reste, et pour le moment de le faire j’en ai déjà parlé, quand commencer tient à l’eau autour de 12 °C, pas au 15 octobre parce que le voisin s’y est mis.

En résumé, chez moi : attendre les 12 °C, nettoyer, descendre l’eau de 20 cm sous les skimmers, vidanger le local, poser des flotteurs, et finir par une vraie bâche d’hiver ou un filet. Surtout pas une bâche à bulles d’été. L’Auvergne peut pincer à -8 °C, et recouvrir sans vidanger, ça reste recouvrir.

Actif, ça veut dire que je fais le travail

Les notices parlent d’hivernage actif et d’hivernage passif. En actif, on laisse tourner la filtration quelques heures, souvent 2 à 4 h par jour, l’eau reste haute et on surveille. En passif, on arrête tout, on descend le niveau, on protège les lignes et on pose une vraie bâche d’hiver.

Chez moi l’hiver peut pincer tôt, et un creux à -8 °C, ça arrive. J’ai déjà laissé la pompe tourner « au cas où » avant de partir trois jours en tournée : la filtration s’est arrêtée toute seule, le gel est passé, et j’ai eu très peur pour le local. Depuis je descends vraiment le niveau, je mets du hors-gel là où il en faut, et je sors tout ce qui peut geler. La bâche, elle, vient à la fin.

Si vous habitez plus bas et plus doux, vous pouvez garder une filtration réduite sans souci. Ce n’est pas mon cas, l’Auvergne n’est pas la côte. Un hivernage actif demande d’être là, ou d’avoir un hors-gel qui relance vraiment la pompe. Moi je suis sur les routes le reste de la semaine, alors je choisis le passif.

D’abord l’eau, pas le plastique

Avant de toucher au niveau, je nettoie : le fond, la ligne d’eau, les paniers. Les feuilles du hêtre dans l’écumeur, c’est le quotidien de septembre. Si je descends une eau déjà verte, je descends surtout le problème d’un cran, alors je compte une heure d’épuisette et de brosse, parfois deux, avant tout le reste.

Je regarde ensuite le pH et le désinfectant, sans jamais mélanger les oxydants. J’ai déjà noté ailleurs les différences entre le chlore et l’oxygène actif ; chez moi c’est le chlore, simple, celui que je connais. Un traitement de remise à plat, puis j’attends que ça circule, souvent 24 heures de filtration. Les galets et les bandelettes, c’est le détail de cette étape, et j’y reviendrai. Ce qui compte ici, c’est de ne pas commencer l’hiver avec une eau déjà fausse, parce que vous la retrouverez telle quelle.

Je ne verse pas non plus un peu de tout sous prétexte que le rayon est large. Un choc, un correcteur de pH si besoin, je filtre, et je passe à la suite. Le thermomètre a déjà annoncé 12 °C le matin, pas à 15 h en plein soleil. Sans chiffre on discute ; avec un chiffre on commence.

Le niveau d’eau

Je descends sous les skimmers, sans aller jusqu’au fond. Assez pour que la glace, si elle se forme, ne pousse pas dans les bouches, et assez pour que l’eau ne continue pas à circuler dans des lignes que je vais vidanger.

Le chiffre exact dépend du bassin. Sur un hors-sol, on voit tout de suite où on en est. Sur un bassin enterré, je me fie à la ligne des skimmers et je descends de 20 cm en dessous, parfois 25 si le fabricant le demande. Mais je ne vide pas : le liner, la nappe, le gel du sol, je n’y touche pas.

L’eau que je sors, je ne la balance pas n’importe où. Ni sur le potager d’un coup, ni contre la maison. Je l’envoie vers le fond du terrain, sur l’herbe qui peut boire, lentement, sur deux ou trois heures. Madame a déjà vu la pelouse jaunir sous un trop-plein chloré, elle n’a pas aimé, et moi non plus.

Si il gèle tôt, mieux vaut avoir descendu une semaine trop tôt qu’une nuit trop tard. On peut toujours réajuster un niveau ; on ne dégèle pas un skimmer plein en le souhaitant très fort.

Les skimmers, le local, le hors-gel

Je retire les paniers, je les lave, et je les rentre au local ou je les laisse sécher. Un panier oublié, plein de feuilles et pris par le gel, se déforme. Ça m’est arrivé, rien de dramatique, juste un panier à racheter autour de 10 à 20 € et des feuilles dans la ligne tout l’hiver.

Dans l’orifice, selon le bassin, on met un gizzmo, un flotteur d’hivernage, bref quelque chose qui prendra la place de la glace. Je ne laisse pas le skimmer ouvert comme en juillet : l’eau n’y est plus, l’air y est, et le gel a besoin d’un endroit où pousser sans casser le bloc.

Les refoulements, je les bouche ou je les mets en position hivernage selon ce que j’ai. Et je ne le fais pas de mémoire : je relis la notice du bassin une fois par an, parce que je confonds d’une saison à l’autre. C’est un peu bête à avouer, mais c’est comme ça.

Le local technique, je le vidange autant que je peux, pompe, filtre, bouchons de purge. L’eau qui reste dans une pompe, c’est de la glace en puissance. J’ouvre tout, je laisse couler, je rentre ce qui se démonte sans histoire, et je coupe l’arrivée électrique une fois le circuit vide pour éviter qu’un geste malheureux relance la pompe à sec.

Attention au vocabulaire : hors-gel ne veut pas dire le bidon d’antigel de la voiture versé dans le bassin. Ça, jamais. L’eau du bain n’a besoin de rien de tel. Ce sont les canalisations et les petits volumes coincés qui sont concernés, parfois tout le circuit selon l’installation. Je mets du produit d’hivernage dans l’eau, celui qui limite les algues pendant l’arrêt, selon la notice, souvent 1 L pour 20 à 50 m³, et du hors-gel tuyauterie uniquement là où le plombier du bassin l’avait prévu. En mettre partout pour être tranquille ne protège pas davantage, ça coûte plus cher et ça finit dans le sol au printemps.

Restent les flotteurs d’hivernage, ces boudins qu’on met en diagonale pour absorber la dilatation. Sur un petit bassin, deux ou trois suffisent ; sur un grand, comptez-en un tous les 3 à 4 m. Et je les répartis correctement, parce que s’ils s’entassent tous d’un côté ils ne servent à rien de l’autre.

La bâche : pas celle de l’été

La bâche à bulles, celle qu’on vend pour chauffer l’eau en juin, n’est pas une bâche d’hiver. Elle n’est faite ni pour le gel, ni pour le poids de l’eau, ni pour trois mois de feuilles. Elle devient cassante dès la première nuit sous 0 °C, elle laisse passer, et elle donne surtout l’impression rassurante d’avoir couvert quelque chose. Au printemps elle est en morceaux et l’eau en dessous n’est pas plus propre pour autant.

Je ne vais donc pas vous en vendre une en bon plan d’octobre. Si vous en avez une pour l’été, rincez-la, séchez-la et rentrez-la à l’abri, à plat ou roulée, sans la plier comme une crêpe. Elle repartira en juin. Elle ne passe pas l’hiver sur l’eau.

La bâche d’hiver, elle, est opaque, souvent plus lourde, et conçue exactement pour ça. Sinon il y a le filet d’hivernage, qui laisse passer l’eau et retient les feuilles. Chez moi, avec le hêtre, le filet m’a rendu plus de services que la belle bâche un peu trop juste que j’avais prise une année et qui claquait au vent. Une bâche trop petite devient une voile, une bâche trop grande qui nage dans l’eau devient une poche.

Je la tends donc, et je la fixe correctement, au lieu de la poser en me disant qu’on verra bien. Le vent d’Auvergne s’ennuie beaucoup l’hiver, et même hivernée, une piscine attire les feuilles du hêtre.

Actif, passif, bâche à bulles : trois chemins

Trois façons de fermer un bassin, une seule que je tiens ici, et une que je déconseille franchement.

Critère Option A Option B Option C
Méthode Hivernage actif Hivernage passif (le mien) Juste une bâche à bulles
Niveau d’eau Haut, skimmers en service 20 cm sous les skimmers Souvent inchangé, donc faux
Filtration 2 à 4 h/jour, hors-gel Arrêt, local vidangé Aucune, ou oubliée
Couverture Filet ou bâche d’hiver Bâche d’hiver ou filet, tendue Bâche à bulles d’été
Pour qui Hiver doux, présence Gel à -8 °C, tournées Personne, au printemps c’est une soupe
Ticket ensuite Électricité + surveillance Produit d’hivernage, flotteurs Une bâche à racheter, un liner fatigué

L’option C n’est pas un hivernage, c’est un plastique d’été posé trop tard dans la saison. L’option A fonctionne très bien si vous êtes là pour surveiller. L’option B, c’est la mienne. Pour le reste, le guide de pose et d’entretien replace le bassin dans son ensemble, quand commencer fixe le seuil des 12 °C, et chlore ou oxygène s’occupe de finir l’eau.

En pratique

  1. Vérifiez l’eau le matin. 12 °C stables, pas un seul relevé à 15 h. Sortez le thermomètre si vous n’en avez plus.
  2. Nettoyez fond, ligne, paniers. Traitez, filtrez 24 heures. Ne mélangez pas les oxydants. Les galets et bandelettes sont là pour ça.
  3. Descendez 20 cm sous les skimmers. Pas jusqu’au fond. Évacuez l’eau vers l’herbe, lentement, pas sur le potager.
  4. Retirez les paniers, bouchez ou protégez les orifices, vidangez pompe et filtre, coupez le courant. Flotteurs en diagonale, un tous les 3 à 4 m.
  5. Posez une bâche d’hiver ou un filet, tendu. Rentrez la bâche à bulles au sec. Notez date, niveau, produit sur une feuille dans le local.
  6. Un regard de temps en temps : flaque sur la bâche, flotteur voyageur, niveau. Pas une séance. Pas de réouverture un mardi à 14 °C.

Hiverner, chez moi, ça consiste donc à descendre, vider, protéger, et couvrir pour de bon. Pas à jeter un plastique à bulles sur l’eau en croisant les doigts jusqu’à Pâques.