Petit bassin hors-sol en Auvergne, niveau d’eau baissé avant l’hivernage

Comment hiverner sa piscine : actif, pas juste la bâche

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Jeter une bâche et rentrer les jeux, ce n’est pas hiverner. C’est recouvrir. Chez moi, la piscine n’est pas un rectangle de magazine. Un bassin simple, dans un grand jardin un peu à l’écart, avec le hêtre qui y envoie ses feuilles dès qu’il en a. Si je me contente de couvrir, je retrouve en mars une soupe, des skimmers coincés, et parfois une ligne d’eau qui a travaillé le liner.

Comment hiverner sa piscine, pour de vrai : niveau d’eau, skimmer, hors-gel, un peu de chimie avant. Pas un week-end de catalogue. Un après-midi, parfois deux, quand l’eau a assez baissé. Le guide piscine pose le reste. Le moment, lui, je ne le tire plus d’un calendrier. J’en ai déjà parlé : quand commencer, c’est l’eau vers 12 °C, pas le 15 octobre parce que le voisin le fait.

Comment hiverner sa piscine, chez moi, c’est attendre 12 °C, nettoyer, descendre l’eau de 20 cm sous les skimmers, vidanger le local, poser des flotteurs, puis une vraie bâche d’hiver ou un filet. Pas une bâche à bulles d’été. L’Auvergne peut pincer à -8 °C. Recouvrir sans vidanger, c’est juste recouvrir.

Actif, ça veut dire que je fais le travail

On entend hivernage actif et hivernage passif dans les notices. Actif : on laisse tourner la filtration quelques heures, souvent 2 à 4 h par jour, l’eau reste haute, on surveille. Passif : on arrête, on descend le niveau, on protège les lignes, on pose une vraie bâche d’hiver.

Chez moi, l’hiver peut pincer tôt. Un creux à -8 °C, ça arrive. Laisser la pompe au cas où et partir trois jours en tournée, je l’ai fait une fois. La filtration s’est arrêtée, le gel est passé, j’ai eu peur pour le local. Depuis, je descends vraiment le niveau, je mets du hors-gel là où ça doit, je sors ce qui peut geler. Ce n’est pas juste une bâche. La bâche vient à la fin.

Si vous habitez plus bas, plus doux, vous pouvez garder une filtration réduite. Ce n’est pas mon cas. L’Auvergne n’est pas la côte. Un hivernage actif demande d’être là, ou d’avoir un hors-gel qui relance vraiment. Moi je tourne, le commerce le reste de la semaine. Je choisis le passif.

D’abord l’eau, pas le plastique

Avant de toucher au niveau, je nettoie. Fond, ligne d’eau, paniers. Les feuilles du hêtre dans l’écumeur, c’est le quotidien de septembre. Si je descends une eau déjà verte, je descends le problème. Une heure d’épuisette et de brosse, parfois deux, avant tout le reste.

Je regarde le pH, le désinfectant. On ne mélange pas les oxydants. J’ai déjà noté les différences entre le chlore et l’oxygène actif. Chez moi c’est le chlore, simple, que je connais. Un traitement de remise à plat, puis j’attends que ça circule, souvent 24 heures de filtration. Les galets et les bandelettes, c’est le détail de cette étape. Là, je dis seulement : ne commencez pas l’hiver avec une eau déjà fausse. Vous la retrouverez.

Je ne verse pas un peu de tout parce que le rayon est large. Un choc, un pH si besoin, je filtre, je passe à la suite. Le thermomètre a déjà dit 12 °C le matin, pas à 15 h au soleil. Sans chiffre, on discute. Avec un chiffre, on commence.

Le niveau d’eau

Je descends sous les skimmers. Pas jusqu’au fond. Assez pour que la glace, si elle se forme, ne pousse pas dans les bouches. Assez pour que l’eau ne continue pas à passer dans des lignes que je vais vidanger.

Le chiffre exact dépend du bassin. Sur une hors-sol, on voit tout de suite. Sur un bassin enterré, je me fie à la ligne des skimmers, je descends de 20 cm en dessous, parfois 25 cm si le fabricant le dit. Je ne vide pas. Un bassin vide, le liner, la nappe, le gel du sol : je n’y touche pas.

L’eau que je sors, je ne la jette pas n’importe où. Pas sur le potager d’un coup. Pas contre la maison. Je l’envoie vers le fond, vers l’herbe qui peut boire, lentement, sur 2 ou 3 heures. Madame a déjà vu la pelouse jaunir d’un trop-plein chloré. Elle n’a pas aimé. Moi non plus.

Si il gèle tôt, mieux vaut avoir descendu une semaine trop tôt qu’une nuit trop tard. On peut toujours ajuster. On ne dégèle pas un skimmer plein avec un souhait.

Les skimmers, le local, le hors-gel

Je retire les paniers. Je les lave. Je les rentre au local, ou je les laisse secs. Un panier oublié, plein de feuilles, gelé, ça se déforme. Ça m’est arrivé. Rien de grave. Un panier à racheter, autour de 10 à 20 €, et des feuilles dans la ligne.

Dans l’orifice, selon le bassin, on met un gizzmo, un flotteur d’hivernage, quelque chose qui prend la place de la glace. Je ne laisse pas le skimmer ouvert comme en juillet, à hauteur d’eau. L’eau n’y est plus. L’air y est. Le gel, s’il vient, a besoin d’un endroit où pousser sans casser le bloc.

Les refoulements, je les bouche ou je les mets en position hivernage, selon ce que j’ai. Je ne fais pas ça de mémoire. Je regarde la notice du bassin, une fois, chaque année, parce que je confonds d’une saison à l’autre. C’est bête. C’est vrai.

Le local technique, je le vidange autant que je peux. Pompe, filtre, les bouchons de purge. L’eau qui reste dans une pompe, c’est de la glace en puissance. Je les ouvre, je laisse couler, je rentre ce qui se démonte sans histoire. Je coupe l’arrivée électrique une fois le circuit vide, pour ne pas qu’un geste malheureux relance la pompe à sec.

Hors-gel ne veut pas dire le bidon de voiture versé dans le bassin. Ça, jamais. L’eau du bain n’a pas besoin d’antigel. Ce sont les canalisations, les petits volumes coincés, parfois le circuit, selon l’installation. Je mets du produit d’hivernage dans l’eau, celui qui limite les algues pendant l’arrêt, selon la notice, souvent 1 L pour 20 à 50 m³. Et du hors-gel tuyauterie là où le plombier du bassin l’avait prévu, pas partout pour être sûr. Trop, ça ne protège pas plus. Ça coûte et ça part dans le sol au printemps.

Les flotteurs d’hivernage, ces boudins qu’on met en diagonale, je les sors. Ils prennent la dilatation. Sur un petit bassin, deux ou trois. Sur un grand, davantage, un tous les 3 à 4 m. Je ne les attache pas n’importe comment : s’ils s’entassent d’un seul côté, ils ne servent à rien de l’autre.

La bâche : pas celle de l’été

La bâche à bulles, celle qu’on vend pour chauffer en juin, n’est pas une bâche d’hiver. Elle n’est pas faite pour le gel, ni pour le poids de l’eau, ni pour 3 mois de feuilles. Elle devient cassante dès la première nuit sous 0 °C. Elle laisse passer. Elle donne l’impression d’avoir couvert. Au printemps elle est en morceaux, et l’eau dessous n’est pas plus propre.

Je ne vous en vends pas une. Pas en bon plan octobre. Si vous en avez une pour l’été, vous la rincez, vous la séchez, vous la rentrez à l’abri, à plat ou roulée sans la plier comme une crêpe. Elle reprendra en juin. Elle ne passe pas l’hiver sur l’eau.

La bâche d’hiver, c’est opaque, souvent plus lourde, conçue pour ça. Ou un filet d’hivernage, qui laisse passer l’eau et retient les feuilles. Chez moi, avec le hêtre, le filet m’a plus servi que la belle bâche trop juste que j’avais prise un an, et qui claquait au vent. Une bâche trop petite, c’est une voile. Une bâche trop grande qui nage dans l’eau, c’est une poche.

Je la tends. Je la fixe. Je ne la pose pas on verra. Le vent d’Auvergne s’ennuie, l’hiver. Même hivernée, une piscine attire le hêtre. Un filet d’hiver ou une bâche d’hiver, c’est autre chose qu’une bâche à bulles.

Actif, passif, bâche à bulles : trois chemins

Trois façons de « fermer ». Une seule que je tiens ici. Une que je déconseille.

Critère Option A Option B Option C
Méthode Hivernage actif Hivernage passif (le mien) Juste une bâche à bulles
Niveau d’eau Haut, skimmers en service 20 cm sous les skimmers Souvent inchangé, donc faux
Filtration 2 à 4 h/jour, hors-gel Arrêt, local vidangé Aucune, ou oubliée
Couverture Filet ou bâche d’hiver Bâche d’hiver ou filet, tendue Bâche à bulles d’été
Pour qui Hiver doux, présence Gel à -8 °C, tournées Personne, au printemps c’est une soupe
Ticket ensuite Électricité + surveillance Produit d’hivernage, flotteurs Une bâche à racheter, un liner fatigué

L’option C n’est pas un hivernage. C’est un plastique d’été posé trop tard. L’option A marche si vous êtes là. L’option B, c’est ce que je fais. Le guide de pose et d’entretien replace le bassin. Quand commencer fixe le 12 °C. Chlore ou oxygène et galets finissent l’eau.

En pratique

  1. Vérifiez l’eau le matin. 12 °C stables, pas un seul relevé à 15 h. Sortez le thermomètre si vous n’en avez plus.
  2. Nettoyez fond, ligne, paniers. Traitez, filtrez 24 heures. Ne mélangez pas les oxydants. Les galets et bandelettes sont là pour ça.
  3. Descendez 20 cm sous les skimmers. Pas jusqu’au fond. Évacuez l’eau vers l’herbe, lentement, pas sur le potager.
  4. Retirez les paniers, bouchez ou protégez les orifices, vidangez pompe et filtre, coupez le courant. Flotteurs en diagonale, un tous les 3 à 4 m.
  5. Posez une bâche d’hiver ou un filet, tendu. Rentrez la bâche à bulles au sec. Notez date, niveau, produit sur une feuille dans le local.
  6. Un regard de temps en temps : flaque sur la bâche, flotteur voyageur, niveau. Pas une séance. Pas de réouverture un mardi à 14 °C.

Hiverner, chez moi, c’est descendre, vider, protéger, couvrir pour de vrai. Pas jeter un plastique à bulles et croiser les doigts jusqu’à Pâques.