Un récupérateur d’eau de pluie pour balcon, ou pour un bout de cour, n’a rien à voir avec une citerne. Ce matin j’ai dit par où je commencerais ; cet après-midi je dis quoi poser quand on n’a pas un pré derrière la maison. Une cuve murale de 50 à 100 litres, un robinet, un filtre à moustiques, et rien d’autre. Ni un cube qui mange le passage, ni un engin qu’on remplit au tracteur.
J’ai de la place, moi, et je pourrais rêver plus grand, sauf que ça ne vous servirait à rien. Sur un balcon ou le long d’un mur de cour, le bon récupérateur est celui que la dalle supporte, que le vent ne couche pas, et que vous videz réellement. Le texte du matin pose le principe ; ici on parle de la forme.
Le guide du potager relie le reste. On reste sur le contenant.
Une cuve murale plate et opaque, 50 litres au balcon, 80 ou 100 si le sol est un vrai sol. Kit robinet, filtre à moustiques, trop-plein prévu. On la pose près d’un mur et pas au nez de dalle, et on la vide vraiment. Sinon c’est qu’elle est trop grande, ou mal placée.
3 formats, un seul pour un petit coin
Une cuve ronde de 200 litres plantée au milieu d’une cour, ça gêne. On la contourne, on y cogne la brouette, et un jour on essaie de la décaler pleine en se rappelant brutalement le kilo par litre.
La cuve murale plate, en 50, 80 ou 100 litres, se cale contre le mur sous une descente et ne dépasse presque pas. Elle a souvent un robinet déjà prévu, parfois un collecteur, et je la prends en polyéthylène opaque plutôt que transparent, parce que l’eau y verdit moins vite. Joli, le transparent, mais nettement moins pratique. C’est le format que je regarderais en premier pour un petit jardin, et à peu près toujours pour un balcon.
Cent litres, rappelons-le, c’est cent kilos d’eau, plus le plastique, plus ce qui reste au fond. Sur de la terre battue, ça s’enfonce d’un côté, le robinet penche et le raccord fatigue. Sur une dalle de balcon, ça s’additionne au salon, aux bacs et à vous. Je ne vais pas vous donner la charge admissible de votre immeuble : renseignez-vous, restez plutôt sur 50 litres en cas de doute, et posez près d’un mur porteur plutôt qu’au milieu du nez de dalle ou contre le garde-corps.
Ce que je ne vous vendrai pas, c’est la grande cuve de jardin achetée pour être tranquille. Sur un petit terrain elle mange l’espace, elle est laide tant qu’on n’a pas eu le temps de la cacher, elle est dangereuse à déplacer, et on la sous-utilise presque toujours. L’eau y stagne, on n’ose plus la vider, et on se retrouve avec un monument.
| Format | Volume et pose | Pour qui |
|---|---|---|
| Cuve murale 50 L | Plate, opaque, robinet, filtre | Balcon, dalle douteuse, trop-plein obsession |
| Cuve murale 80 à 100 L | Contre un mur, cales, trop-plein | Petit jardin, cour, cabanon |
| Citerne 300 L et plus | On ne la bouge plus | Pas ce texte. Un autre projet, un autre sol |
Je ne colle pas de fiche produit ici : les références tournent et les prix aussi, et je ne vais pas les inventer. Comparez trois cuves murales dans cette fourchette de volume, lisez le poids à vide, et regardez si le kit robinet est inclus. C’est déjà l’essentiel du travail.
4 détails que je lis sur une fiche
Le volume réel, d’abord. Cent litres annoncés, c’est parfois le modèle et pas ce que vous tirerez vraiment une fois le robinet placé au-dessus du fond.
Le robinet ensuite. Il doit être en bas mais assez haut pour glisser un arrosoir dessous, parce qu’un robinet trop près du sol vous vaudra le dos plié ou un filet d’eau dans les chaussures. Méfiez-vous du plastique fragile, c’est la pièce qui casse en février. Le joint, on ne le serre pas à fond du premier coup, on retouche après.
Le collecteur, ou au minimum une entrée prévue. Sans ça, vous bricolez un tuyau, ça fuit et ça laisse entrer les feuilles. Un tuyau court, le plus droit possible, un collier, et un coup d’œil après la première pluie.
Le filtre à moustiques enfin : une grille fine sur l’arrivée, un trop-plein grillagé, un couvercle qui ferme réellement. Sans ça vous tenez un élevage. J’en ai déjà parlé ce matin et je le répète parce que c’est exactement ce qu’on oublie en magasin, planté devant la jolie cuve verte. Pour le trop-plein, je veux un trou prévu avec un raccord, pas un vague « ça passera sous le couvercle » : un tuyau qui part vers le massif, en pente et pas en U qui garde l’eau, avec une grille au départ.
Il y a un cinquième point, la matière, même si j’ai annoncé quatre détails : du polyéthylène opaque, un poids à vide lisible, et un kit robinet inclus ou au moins prévu. Au fond, quatre pièces suffisent, le collecteur, la cuve, le robinet et le trop-plein. Je ne vais pas vous vendre un kit de dix éléments si vous avez une descente et un arrosoir.
Je n’ouvre pas le réseau de la maison et je n’invente aucun piquage. Pour un petit jardin, l’arrosoir suffit largement. Si plus tard vous voulez un goutte-à-goutte, on en reparlera, avec de la hauteur ou une pompe prévue pour, mais pas aujourd’hui et pas pour 50 litres.
Un programmateur d’arrosage solaire pourra s’ajouter plus tard, si vous avez un vrai point d’eau et que vous avez bien compris ce qu’il fait. Un programmateur ne crée pas de pression, et une cuve basse n’arrose pas un réseau toute seule. Beaucoup le croient, et je l’ai cru moi-même un moment pour un autre usage. Donc d’abord la cuve, le robinet et l’arrosoir ; le reste ensuite, si ça a du sens.
En pratique : 5 poses selon l’endroit
- Balcon, dalle, doute. Un 50 litres mural, à l’ombre d’un mur, plateau en dessous, trop-plein dans une jardinière ou un second seau que vous videz. Rien qui file le long de la façade. Près d’un mur porteur, pas au nez de dalle.
- Balcon sans droit de toucher à la descente. Collecteur d’auvent ou de garde-corps, moins d’eau, assez pour deux jardinières. Ça vaut encore le geste. Un fut ouvert, non.
- Petit jardin, cabanon. Un 100 litres mural, décollé du bois de trente centimètres, trop-plein vers le massif, robinet à hauteur d’arrosoir. Cales sous la cuve, parce que la terre, ici, se tasse.
- Vent, étage. Cuve plate vide, ça bouge. On l’attache, ou on la cale, surtout en étage. Pleine, moins. Un lien, un angle de mur.
- Hiver. On descend le niveau, ou on rentre le 50 litres. En Auvergne, le gel vient. Un robinet plein, ça fend. Même à Clermont, en étage, la nuit descend.
Le syndic revient dans la conversation, comme pour le compost. Une cuve fermée, propre et calée passe le plus souvent ; un fût ouvert, jamais ; et un trop-plein qui arrose le voisin du dessous, encore moins.
Le vent, j’en ai vu un exemple chez la sœur de Madame, où le seau d’arrosage a fait un beau voyage. La cuve, elle, restait trop légère tant qu’elle était vide, et un simple lien a suffi à régler l’affaire. Je n’ai pas de balcon, mais j’ai retenu la leçon.
Je n’enchaînerais pas tout de suite sur un second bac, non plus. Je vivrais avec un seul, et s’il se vide trop vite en août, je verrais pour un deuxième 100 litres monté en série. Deux petits restent toujours plus simples à vider, à laver et à déplacer qu’un gros qu’on ne bouge plus.
Ce que je ne cherche pas, c’est à tenir tout le potager pendant trois semaines. Je cherche à tenir les tomates et les bacs entre deux orages, et à ouvrir un peu moins le robinet de la maison.
4 entretiens que je ne saute plus
L’eau qui arrive en septembre ramène déjà des feuilles, et en novembre c’est bien pire. Un filtre qu’on vide jamais devient un bouchon, alors je le regarde après chaque gros orage au début, puis une fois par semaine à la saison des feuilles.
Le fond de la cuve, lui, prend de la vase. Une ou deux fois l’an je vide, je brosse, je rince, je laisse sécher ouvert une journée s’il fait beau, et je referme. Ce fond-là, je ne le verse pas sur les jeunes mâches : il part au pied d’un arbuste, ou au compost s’il n’y a que de la terre et des feuilles dedans.
Si l’eau verdit, c’est qu’il y a trop de lumière ou trop de matière : cuve opaque, filtre propre, couvercle en place. Un peu de vert pour arroser un pied, je m’en accommode très bien ; un potage, je vide.
Quant aux moustiques, si vous en voyez, c’est que le filtre a un trou, que le trop-plein est ouvert, ou que le couvercle ne ferme plus. On répare, et on ne verse pas trois produits en espérant un miracle. On ferme, c’est tout.
Madame, de son côté, tient à ce que ce soit pas trop moche près de la terrasse. Une cuve murale sombre contre le cabanon, ça passe ; une cuve ronde plantée au milieu, non. Le chien, lui, irait volontiers boire au robinet s’il gouttait, alors le robinet ferme pour de bon.
Côté budget, vous payez une cuve, parfois un collecteur à part et parfois un robinet à part, et ça reste un ticket de rayon plutôt qu’un chantier. Si on vous propose un kit énorme pour toute la maison, vous n’êtes plus dans ce texte : revenez au principe du matin, ou restez à 100 litres. Côté temps, comptez un samedi, avec les cales, le niveau à peu près, le raccord et le café. Si ça fuit on reprend, et si ça tient on laisse l’orage suivant faire le plein.
3 cas qui se trompent de produit
Vous avez 800 m² et une pente : ce n’est pas un 50 litres qui va changer votre année, c’est un autre projet. Vous pouvez quand même en poser un près de la porte pour les bacs, remarquez, un grand jardin n’interdit pas le petit geste.
Vous avez trois jardinières au quatrième étage : 50 litres, peut-être 30, et le trop-plein comme une obsession permanente. N’achetez pas pour plus tard, parce que plus tard vous aurez déménagé, ou le syndic aura dit non.
Vous voulez un programmateur tout de suite : lisez d’abord le programmateur solaire, puis revenez. La cuve vient avant.
Et si vous voulez simplement moins jeter l’eau du ciel, un bac fermé aujourd’hui suffit : le texte du matin vous met en route, celui-ci vous aide à choisir la forme.
Je ne vais pas vous raconter que l’eau de pluie remplace tout. Chez moi le puits existe, le réseau existe, et la cuve aide sans tenir un mois d’août sec toute seule, surtout pas en 50 litres. C’est un tampon, et un tampon c’est déjà bien.
Si j’achetais demain pour un petit coin, je prendrais une cuve murale opaque, en 80 ou 100 litres si le sol est un vrai sol et en 50 sur un balcon, avec le kit robinet inclus, un filtre à moustiques visible sur la fiche ou une grille que j’ajouterais le jour même, et un trop-plein prévu. Je la poserais, je vivrais deux orages avec, et je verrais si je la vide vraiment. Si je ne la vide pas, c’est qu’elle est trop grande, mal placée, ou que je l’ai oubliée, et je corrigerais plutôt que d’acheter la suivante pour me rassurer.
L’eau, ensuite, part au potager, aux bacs et aux oyas. Pas à la pelouse, et certainement pas à la lessive. Un arrosoir, un soir, après le travail, et c’est déjà du jardin.
Si vous n’avez jamais rien posé, prenez le plus petit modèle qui ait un robinet et un couvercle. Vous sentirez le poids, vous verrez arriver les feuilles, et vous comprendrez le trop-plein. Le potager survivra très bien si vous attendez encore une semaine ; il survivra moins bien si vous attendez le grand modèle qui n’arrive jamais.
Petit, mural, fermé, filtré. Tout le reste, c’est du catalogue.