Feuille de rosier colonisée par des pucerons, jardin de particulier

Comment se débarrasser des nuisibles au jardin

6 min de lecture

Le mot « nuisible » rassemble des visiteurs très différents. Un puceron sur un rosier n’a rien à voir avec un nid de frelons sous l’avant-toit. Un limace dans la laitue ne demande pas non plus les mêmes précautions qu’un rat près du compost.

Dans mon jardin, je commence toujours par regarder les dégâts et identifier l’animal. Beaucoup de petites populations se régulent seules. Pour les nids dangereux ou une vraie infestation, je laisse la place à quelqu’un dont c’est le métier.

Les pucerons, avec un peu de patience

Une colonie sur les jeunes pousses en mai est courante. Coccinelles, larves de syrphes et mésanges finissent souvent par s’y intéresser. Une année, j’ai traité trop vite au premier puceron. Les prédateurs ont disparu avec lui, puis les pucerons sont revenus. Depuis, j’attends quelques jours et j’observe les feuilles.

Quand elles s’enroulent, que le miellat devient collant ou qu’une fumagine noire apparaît, je commence par un jet d’eau assez ferme le matin. Sur un pied de fève, cela décroche déjà une bonne partie de la colonie.

Si le problème continue, j’utilise du vrai savon noir potassique, sans parfum ni additif, autour de 30 g par litre d’eau tiède. Je fais un essai sur deux feuilles, car certaines plantes marquent. Je pulvérise le soir, notamment sous les feuilles, puis je renouvelle cinq jours plus tard si nécessaire, conformément à l’usage indiqué sur le produit.

Des larves de coccinelles achetées peuvent être utiles sous serre. En plein vent, sur un seul rosier, elles se dispersent facilement. Sur l’année, une haie variée, des fleurs et l’absence d’insecticide préventif accueillent plus durablement les auxiliaires.

Limaces et escargots autour des salades

Un jardin sans mollusque serait bien étrange. Pour protéger un petit rang de laitues, je pose une planche humide le soir et je ramasse les limaces abritées dessous le matin. Une coupelle de bière attire et noie aussi d’autres petites bêtes, alors je ne la retiens plus comme solution habituelle.

Quand les dégâts sont importants, des granulés à base de phosphate ferrique peuvent convenir s’ils sont autorisés pour cet usage. J’en mets seulement la quantité indiquée sur l’étiquette, après la pluie. Les produits à base de métaldéhyde présentent des risques pour les animaux en cas d’ingestion. Avec un chien qui fouille partout, je suis particulièrement prudent.

Guêpes et frelons, chacun garde ses distances

Autour de la table, je couvre les boissons sucrées, je ramasse les fruits tombés et je place les aliments à l’abri. Le piège bouteille rempli de sirop capture beaucoup d’insectes qui ne posaient aucun problème et ne supprime pas un nid. Je ne le pose donc pas systématiquement au printemps. Certaines campagnes locales utilisent des pièges sélectifs à des périodes précises, sous leur protocole.

Pour un nid dans le compost, un volet, le cabanon ou un arbre, je contacte la mairie ou un professionnel de la désinsectisation. La commune connaît souvent la procédure locale pour le frelon asiatique. Je ne grimpe pas à l’échelle avec une bombe du supermarché, surtout à la tombée du jour. Le risque de piqûres multiples et de chute est bien réel.

Après une piqûre simple, je nettoie la zone, applique du froid à travers un linge et surveille. En cas de gêne respiratoire, malaise, gonflement de la bouche ou réaction importante, j’appelle immédiatement le 15 ou le 112. Une personne allergique suit le protocole donné par son médecin.

Les visiteurs que je ne traite pas au hasard

Sur les pommes de terre, je ramasse les doryphores et leurs larves tous les deux ou trois jours en juin. Cela suffit souvent dans un petit potager. Sur la terrasse, des fourmis peuvent venir chercher le miellat produit par les pucerons. En réduisant la colonie de pucerons, leur passage diminue parfois de lui-même.

Les pièges jaunes englués capturent aussi des auxiliaires. Je les réserve à un usage ciblé, surtout sous serre, plutôt que de les suspendre partout dans le jardin.

Une taupe soulève le gazon, mais elle mange aussi des vers et des larves. Sur mes quelques centaines de mètres carrés, je supporte deux ou trois taupinières et je récupère leur terre fine pour les pots. Cela donne même un sujet de conversation quand le voisin passe la tête au-dessus de la haie.

Les chenilles qui demandent plus d’attention

Pour la pyrale du buis, je regarde l’intérieur des arbustes dès le printemps. Quelques chenilles peuvent être retirées à la main avec des gants. Un produit autorisé à base de Bacillus thuringiensis agit sur les jeunes larves si le traitement est réalisé au bon moment et selon l’étiquette. Quand les attaques reviennent sans cesse, remplacer le buis par une autre essence est aussi une solution raisonnable.

Les nids de chenilles processionnaires du pin ne se touchent pas. Leurs poils urticants peuvent atteindre la peau, les yeux et les voies respiratoires, même sans contact direct avec une chenille. Je garde enfants et animaux à distance et je demande l’intervention d’un professionnel équipé.

Un jardin un peu plus accueillant pour les auxiliaires

Des fleurs réparties de mars à octobre, moins de terre nue, une haie variée et un hôtel à osmies bien placé donnent un coup de pouce aux insectes utiles. Je laisse aussi quelques tiges creuses pendant l’hiver. Les pucerons reviendront sans doute, mais les prédateurs aussi.

Je n’applique pas de traitement d’hiver passe-partout. J’attends d’avoir identifié un problème et je choisis la réponse la plus étroite possible.

Mulots, rats et taupes

Un mulot près du compost vient parfois chercher des restes trop riches. Un couvercle, l’arrêt des aliments cuits et un brassage régulier rendent le lieu moins intéressant. Pour des rats, je sécurise la nourriture et les déchets. Si les traces se multiplient, un professionnel peut établir un plan de lutte sans exposer inutilement les autres animaux.

Les pièges à taupes demandent un vrai savoir-faire et peuvent blesser. Les ultrasons donnent des résultats très variables, et je laisse les pétards de côté. La cohabitation avec quelques galeries reste souvent possible dans un jardin de pavillon.

Le purin d’orties n’est pas un insecticide. Il sert plutôt d’extrait fertilisant selon sa préparation. Un savon noir trop concentré peut brûler les feuilles, donc je ne mélange pas les recettes au hasard.

Le silo végétaux pour les haies et la taille, ainsi que le potager, suivent la même idée. On observe d’abord, on intervient doucement quand on peut, et on appelle un professionnel quand la situation présente un danger. Le jardin reste vivant, et nous aussi, ce qui est tout de même le plus important.