Jardinière autarrosante sur une terrasse, indicateur de niveau d'eau visible

La jardinière autarrosante, pour qui ça marche chez moi

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Une jardinière autarrosante, c’est un pot avec une cave. De l’eau en bas, de la terre au-dessus, et entre les deux des mèches, un faux-fond, parfois un flotteur qui vous dit où ça en est. Avant d’en aligner trois sur le rebord, lisez le réservoir et le trop-plein plutôt que la photo du géranium. L’idée derrière tout ça, c’est de partir en tournée trois jours sans tout faire sécher, ou de ne plus arroser tous les soirs un balcon qui grille.

Chez moi ça fonctionne, mais pas pour tout ni pour tout le monde. J’ai déjà fait pourrir un godet de succulentes dans une réserve trop pleine, simplement parce que j’avais compris « autarrosant » comme « magique ». Ça ne veut pas dire magique, ça veut dire humide plus longtemps. Et si vous arrosez déjà avec des oyas en pleine terre ou un kit goutte-à-goutte sur le balcon, n’allez pas empiler un troisième système par-dessus : il s’agit d’un usage, celui des pots.

Mon avis, net : ça tient 2 à 5 jours en juillet sur ma terrasse, davantage en septembre, à condition que le flotteur ait un trop-plein et que vous attendiez qu’il touche le bas. Succulentes, lavande et romarin, non. Basilic, géranium, tomate déterminée en bac, oui. Une seule pour commencer, pas une collection.

Je nomme des familles et pas des références sorties du chapeau : Lechuza, Elho, T4U, plus le générique de grande surface. Deux caractéristiques chacune, sinon je ne les cite pas. Ce que vous achetez, en réalité, c’est un principe : flotteur visible, trop-plein, accès au réservoir pour le rincer. Si vous ne pouvez pas ouvrir la cave, n’achetez pas.

Réservoir de 2 à 5 jours, pas deux semaines

Le réservoir se remplit par un puits, souvent sur le côté, et l’eau monte par capillarité dans le terreau ou par des cônes. Le flotteur, quand il y en a un, descend au fur et à mesure, et on remplit quand il est en bas. Pas avant, et surtout pas tous les matins pour être tranquille. J’ai longtemps rempli dès que le flotteur baissait d’un cran : la terre n’a jamais séché, les racines ont fini par tourner dans la bouillie du fond, les feuilles restaient belles et les fleurs beaucoup moins. Puis il y a eu une odeur, et le réservoir n’était plus vraiment de l’eau.

Les catalogues annoncent souvent « jusqu’à deux semaines ». Chez moi, en juillet sur la terrasse, c’est non : deux, trois, parfois cinq jours selon la taille et la chaleur. En septembre on s’approche effectivement des deux semaines, parce que les jours raccourcissent et que le bac chauffe moins. C’est pour ça que j’en ai pris, d’ailleurs : je pars le lundi, je rentre le mercredi soir, parfois je glisse un jeudi, et un pot classique en août n’y survit pas.

Maintenant j’attends que le flotteur touche presque le bas, et je touche quand même la terre en surface avant de remplir. Si elle est fraîche, je laisse. Le flotteur ment un peu selon le terreau : un mélange trop compact ne remonte pas l’eau, un mélange trop drainant ne la retient pas. Le terreau vendu pour les jardinières à réserve est plus fibreux, et c’est tant mieux, parce qu’un universel collant dans une caisse étanche, ça donne une casserole.

Reste le sel, le truc qu’on ne voit jamais sur la photo. L’eau s’évapore par le haut et les sels, ceux de l’engrais comme ceux de l’eau, restent sur place. Au bout de quelques semaines vous avez une croûte blanche en surface, surtout avec une eau de puits un peu calcaire comme la mienne. Je gratte, et je lessive de temps en temps en arrosant par le haut jusqu’à ce que ça s’écoule, quand le modèle a un trop-plein. S’il n’en a pas, je vide le réservoir, je rince et je repars. Sinon les racines grillent doucement et on finit par accuser la plante.

Lechuza, Elho, T4U : deux caracs, ou je passe

Lechuza, c’est souvent le plus « système » du lot, avec son granulat et un vrai puits. Les deux caracs à regarder : le cache-pot séparé et l’indicateur de niveau. Ça a l’air sérieux, et ça l’est sur le papier ; c’est aussi plus cher, et le granulat n’a rien d’obligatoire dès lors qu’on a compris la capillarité. Je n’en ai pas une rangée chez moi, j’en ai vu chez des gens et la finition avait l’air bonne, mais je ne vais pas inventer une note.

Elho, c’est le plastique de jardinerie avec réserve intégrée, moins d’allure studio et beaucoup plus facile à trouver. Les deux caracs : un plastique prévu pour l’extérieur, et un indicateur parfois moulé dans la masse. Ça tient dehors sans problème, ça se décolore au soleil, ce qui n’est pas un drame. C’est souvent dans cette gamme qu’on trouve le format 60 à 80 cm, celui qui tient un rebord sans devenir une auge qu’on ne soulève plus.

T4U et les no-name du même rayon, c’est l’entrée de gamme, et j’exige deux choses avant d’en prendre un : un réservoir vraiment étanche et un trop-plein. Ça fait le travail tant que les mèches ne sont pas de simples ficelles. J’ai eu un modèle dont le flotteur se coinçait systématiquement, alors j’ai percé le fond et je m’en sers comme pot ordinaire. Il n’est plus autarrosant du tout, il s’arrose par le haut.

Le format compte autant que la marque. Trop petit, le réservoir n’est qu’une tasse ; trop grand, vous vous retrouvez avec beaucoup de terre qui reste froide et mouillée en octobre. Une jardinière de 60 à 80 cm sur 20 de large pour un rebord, un bac plus carré pour un pied de tomate, et surtout pas une auge de 1,20 m que je ne pourrai plus déplacer une fois pleine : l’eau plus la terre plus le bac, vous le sentirez passer dans le dos. Pour l’entretien, je vide et je rince une ou deux fois par saison, avec un peu de vinaigre si le calcaire a fait une croûte et beaucoup d’eau derrière. Pas d’eau de Javel pour désinfecter.

Ce que je n’y mets pas, en revanche : les succulentes, les cactus, la lavande, le romarin trop souvent arrosé, un citronnier trop grand pour le volume, trois tomates dans 30 cm de large, ou un terreau déjà saturé auquel on ajoute encore une réserve. Les succulentes veulent sécher, une réserve fait exactement l’inverse. J’ai tenté le « juste un peu d’eau » : le flotteur était bas, et le fond restait mouillé quand même.

Autarrosante, oya, goutte-à-goutte

Quand ça sent l’œuf, c’est qu’il y a trop d’eau et pas assez d’air. Je vide, je laisse sécher la motte, et je change parfois le terreau du bas devenu une pâte. Si les racines sont brunes et molles, c’est perdu et on recommence. La marque n’y est pour rien : c’est moi qui ai rempli trop souvent, à l’ombre, en septembre, alors que la plante buvait beaucoup moins.

En septembre justement, je remplis moins. Les jours raccourcissent, la terrasse chauffe moins, et une réserve pleine en continu devient excessive. Je passe à un arrosage par le haut, léger, en laissant le réservoir presque vide, ou je rentre les bacs les nuits froides sans jamais les laisser dans une soucoupe d’eau. Et si les bords des feuilles brûlent, ce n’est pas toujours le soleil : c’est souvent le sel, alors on lessive et on espace l’engrais. Un engrais liquide dans la réserve, c’est bien pratique, et c’est aussi la croûte qui arrive deux fois plus vite ; j’en mets moins que ce que dit la notice.

Je n’oppose pas ces trois outils, je les répartis. Les oyas vont en pleine terre sous les tomates, la jardinière s’occupe du bac, et le goutte-à-goutte prend en charge plusieurs pots d’un coup dès qu’il y a une cuve ou un robinet. Trois outils, trois endroits. Mon potager n’est pas un balcon ; la terrasse, elle, en est un, et c’est là que l’autarrosante trouve son sens.

Critère Jardinière autarrosante Oya en terre Goutte-à-goutte
Bac, rebord, terrasse Pleine terre, un pied Plusieurs pots, cuve ou robinet
Autonomie vue 2 à 5 jours en juillet, plus en septembre Selon le litre, pas 15 jours de canicule Tant que la cuve tient
Deux caracs à acheter Flotteur + trop-plein Volume 2,5 à 5 L + terre cuite non vernie Goutteurs + source d’eau
Succulentes Non Non Oui si on coupe l’eau
Vers quoi Une d’abord, basilic ou géranium Oyas sous les tomates Kit balcon

Pour partir trois jours, c’est parfait. Pour partir trois semaines en août, non, il faudra quelqu’un qui passe ou un goutte-à-goutte sur cuve. Pour un romarin, prenez un pot percé et oubliez la réserve. Pour un basilic d’été, allez-y, en gardant un œil sur le flotteur. Et si vous hésitez, prenez-en une seule, avec un basilic ou un géranium dedans, et regardez le flotteur pendant une semaine sans le remplir par réflexe.

En pratique

  1. Achetez une jardinière, pas trois. Flotteur visible, trop-plein, accès pour rincer. 60 à 80 cm sur un rebord, 20 cm de large.
  2. Terreau fibreux, pas un universel collant. Un pied de tomate déterminée, ou basilic, persil, géranium. Pas de succulente.
  3. Remplissez le réservoir une fois. Attendez que le flotteur touche presque le bas. Touchez la terre avant de refaire.
  4. En juillet, comptez 2 à 5 jours, pas deux semaines. En septembre, remplissez moins : la plante boit moins.
  5. Grattez le sel blanc en surface. Lessivez par le haut dès que le trop-plein le permet. Vinaigre sur le calcaire, beaucoup d’eau ensuite.
  6. Une ou deux fois dans la saison, videz la cave, rincez les algues, sortez les racines qui ont plongé.
  7. Si ça sent l’œuf, videz, séchez la motte, changez le fond pâteux. Ce n’est pas la marque, c’est le trop-plein de zèle.
  8. Oyas en terre, goutte-à-goutte pour une ribambelle de pots, autarrosante pour le bac. Trois outils. Voir le potager.

Si la plante tient et que ça ne sent pas la cave, vous en prendrez une deuxième l’an prochain. Si ça pourrit, vous aurez perdu un bac et pas une collection. C’est à peu près tout ce que je retiens de ces jardinières : une pour commencer, le flotteur qu’on laisse descendre, et les succulentes ailleurs.