Terrasse de jardin en fin d’été, film vert au nord, table encore dehors

Nettoyer la terrasse avant l’automne (sans tout décapper)

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Nettoyer la terrasse avant l’automne, chez moi, ce n’est pas un quatrième tuto par matériau. Fin août on mange encore dehors ; début septembre les soirs raccourcissent, les feuilles du hêtre commencent à tomber, et le sol a déjà pris ce film un peu gras et un peu vert, surtout au nord. Je nettoie donc une fois, correctement et sans tout décaper, pour ne pas passer novembre à glisser avec mon café à la main.

Je ne réécris pas le mode d’emploi du carrelage ni celui de la pierre, ils ont déjà les leurs, et le béton aussi. Ici je parle du geste de fin d’été : pourquoi le vert revient, ce que je sors vraiment, et à quel moment le karcher aide au lieu d’abîmer.

La mienne est en bois, côté cuisine. J’ai aussi donné un coup de main sur la pierre d’à côté, et je vois régulièrement le carrelage des amis. Le matériau change le produit, mais le calendrier, lui, se ressemble beaucoup.

Le vert qui revient en trois semaines, c’est un biofilm et pas de la poussière. On balaie, on laisse poser un nettoyant adapté, on brosse, on rince. Le karcher passe une fois, en reculant. Ensuite on sèche et on range. Décaper à blanc en septembre, c’est user le bois et les joints pour une photo.

3 façons de laver, sans tout mélanger

Je départage trois façons de faire, et ce n’est pas un concours, c’est un ordre.

Le balai et le seau viennent en premier, avec du savon doux ou du savon noir, une brosse, une dizaine de minutes de pose, et surtout pas de séchage au soleil entre-temps. Ça suffit dans bien des cas, à condition de ne pas avoir laissé le film s’installer tout l’été, sinon vous fabriquez de la boue dès la première bassine.

Vient ensuite le Starwax terrasse. J’ai encore un bidon de leur nettoyant pour sols extérieurs dans le cabanon, celui qu’on dilue, pas le polish du salon. Je le sors quand le savon noir ne suffit plus, en particulier sur le film vert du côté nord. Je dilue comme c’est écrit sur l’étiquette, je ne verse pas le bidon entier, je protège les bacs et je rince derrière. Ce n’est pas magique : si vous laissez le film revenir sans jamais aérer la terrasse, il reviendra. Ils font aussi des anti-mousses, et c’est la même logique, un support compatible, un jour sec, et pas de mélange avec le karcher pour aller plus vite. Sur le bois je reste prudent, sur la pierre je vérifie que c’est prévu pour le calcaire, et sur le carrelage je pense d’abord aux joints.

Le Kärcher K5 Classic arrive en dernier. Il monte jusqu’à 145 bar, avec une lance qu’on peut adoucir et une rotabuse pour ce qui est vraiment incrusté. Je n’en fais pas une religion et je n’invente pas son prix, qui bouge tout le temps. Ce que je dis, c’est qu’il y a largement assez de puissance là-dedans pour faire une bêtise si on colle la buse au joint. Alors on recule, on prend le jet large, et on garde la rotabuse pour du béton bien sale, jamais pour le bois ni pour un calcaire tendre.

Kärcher K5 Classic

Assez costaud pour une terrasse un peu large
Lance réglable, on n’est pas obligé de tout décaper
Compact, ça se range au cabanon
Trop près, ça lèche les joints
La rotabuse n’est pas un cadeau pour le bois
À rentrer au sec, pas à laisser dehors

Si vous n’avez pas de machine, une brosse et un tuyau font l’essentiel du travail, vraiment. Le karcher fait gagner du temps sur une grande surface, il ne remplace ni le produit ni le séchage.

Méthode Quand ça me va 2 risques
Balai, seau, savon doux Entretien de septembre, film encore léger Auréoles si ça sèche au soleil, boue si on n’a pas balayé à sec
Starwax terrasse (dilué) Vert du nord, savon noir dépassé Brûlure des bacs si on ne protège pas, mélange interdit avec le jet
Kärcher K5 Classic Gros gras, film tenu tout l’été, béton sale Joints creux, bois peluché, eau projetée sur les vitrages

4 raisons pour lesquelles le vert revient

Ce qui revient en trois semaines n’est pas la terre du jardin, c’est un film : des algues, des champignons, un peu de pollution, un peu de gras de barbecue et du pollen qui a collé. On balaie et ça a l’air mieux, il pleut et ça redevient glissant. On sort le karcher à fond, ça part, et quinze jours plus tard, surtout à l’ombre, c’est revenu. Soit parce qu’on a lissé la surface sans enlever ce qui nourrit le film, soit parce qu’on a ouvert les pores et que l’humidité s’installe encore plus vite qu’avant.

Chez moi, le côté nord sous l’avancée ne voit presque plus le soleil après le 10 septembre, et c’est toujours là que ça commence. Le côté sud, près des tomates, reste propre bien plus longtemps. Même terrasse, deux mondes différents.

Si vous vous contentez de rincer, vous déplacez le problème ; si vous décapez tout au jet, vous usez les joints, le bois et la pierre tendre pour ne gagner qu’une photo. Le juste milieu, c’est balayer, laisser agir un produit adapté, brosser, rincer, sécher, puis ranger ce qui traîne encore dehors.

Et c’est là que ça se joue, en fait : une terrasse dégagée sèche, une terrasse encombrée reste humide. Les pots collés au mur, le salon sous la pluie, le tapis qui ne rentre jamais, voilà le biofilm heureux. Je rentre donc les coussins, je surélève un peu les bacs et je laisse un passage d’air le long de la maison. Si le salon reste dehors, la housse vient après le séchage et pas avant, et il faut la mesurer avant de l’acheter, ce que j’explique du côté de la housse de salon. Une housse trop juste, c’est une flaque sur le dossier et de la moisissure en octobre.

Les feuilles, en septembre, ne sont pas encore un déluge, et un coup de balai après le week-end suffit généralement. En novembre ce sera une autre affaire, et si vous attendez ce mois-là pour le premier lavage de l’année, le film aura eu deux mois de plus pour s’installer : plus long à enlever, plus glissant, et beaucoup plus tentant de tout décaper d’un coup. C’est pour ça que je m’y mets maintenant, tant que ça se lève encore à la brosse.

En pratique : 6 gestes un samedi

  1. Je dégage. Coussins, tapis, pots trop près du mur, le sac de charbon, les chaussures de Madame. On ne housse pas une table encore humide, et on ne laisse pas les coussins encore un week-end après le premier vrai orage.
  2. Je balaie à sec. Pollen, terre, aiguilles, fientes. Sans ça, c’est de la boue.
  3. Je prépare deux seaux, une brosse, le tuyau. Savon doux ou Starwax dilué, selon le film. Je laisse poser le temps de la notice, ou dix minutes. Je ne laisse pas sécher au soleil.
  4. Je brosse. Je rince. Je racle. Je rince vers le jardin, pas vers la porte. Je ne dirige pas le jet vers les massifs, ni sous les lames du bois. Chez moi, l’eau irait vers les tomates, et le mildiou n’a pas besoin d’aide.
  5. Si je sors le K5, je le fais après le premier passage, pas à froid sur la poussière. Jet large, on recule. Rotabuse au béton, jamais au bois. Je commence au nord, où c’est le plus sale.
  6. Je laisse sécher avant de remettre la table. Si il reste une zone verte, je la note et je reviendrai un soir de semaine avec le produit, sans tout recommencer.

Le chien passe évidemment dessus avant que ce soit sec, alors je refais le bout près de la porte et on n’en parle plus.

S’il reste du film au nord malgré tout, je repasse avec un anti-mousse prévu pour le support, un jour sans pluie, et j’attends que ça travaille. Ce que je ne fais pas, c’est tout mélanger dans le même seau pour que ça mousse davantage.

Le bois, je ne le sature pas d’eau ; la pierre calcaire, je ne l’attaque pas à l’acide ; le carrelage, je ménage ses joints. Les détails sont dans les fiches par matériau, et je me contente de répéter ici qu’on ne traite pas une terrasse comme une baignoire.

5 gestes que je ne refais plus

Je ne décape plus à blanc en septembre en espérant être tranquille jusqu’à mars. Le bois trop mis à nu prend le soleil d’automne puis la pluie, et il grise plus vite ; la pierre trop ouverte boit ; et les joints trop propres, trop creusés, prennent l’eau et le gel.

Je ne lave plus en plein midi non plus, parce que ça sèche en auréoles. Un matin ou une fin de journée, c’est bien mieux. En Auvergne, un 7 septembre peut encore être chaud, et l’eau savonneuse fige avant que j’aie fini le dernier bout.

Je ne laisse plus la table au milieu en me disant qu’on la bougera tout à l’heure. On ne la bouge jamais, et on se retrouve avec une terrasse propre et une île sale au centre. Madame en rit, moi un peu moins.

Je ne mets plus de javel : ça sent, ça brûle les plantes, ça n’empêche pas le film de revenir, et sur certains sols ça décolore. Quant au vinaigre pur sur la pierre calcaire, j’en ai déjà parlé ailleurs et le souvenir est resté visible, alors c’est non.

Enfin, je n’utilise plus le karcher comme première étape. D’abord le sec, ensuite le doux, et la machine seulement si c’est nécessaire. Dans l’autre sens, on projette de la boue sur les vitrages, et une buse trop près fait partir les joints : terrasse nickel en avril, joints creusés en juin. J’ai fini par arrêter de croire que plus fort voulait dire plus propre.

Sur le carrelage, je pense aux joints, je recule le jet, et je rince bien le savon pour ne pas remplacer un film glissant par un autre.

Sur la pierre, je reste doux, j’évite les acides, et je n’ouvre pas la surface pour le plaisir de la voir claire deux semaines.

Sur le bois, le mien, je brosse dans le sens des lames, je ne gorge pas les planches, et je ne sors la rotabuse sous aucun prétexte. Le saturateur, si j’en mets un, ce sera plus tard sur bois sec, et certainement pas le jour du grand lavage.

Le silo terrasse relie tout ça pour ceux qui veulent le détail par matériau. Aujourd’hui il ne s’agit que du bon moment : avant que le film s’installe pour l’hiver, et sans tout décaper comme si on préparait une vitrine.

Si vous n’avez jamais rien fait d’autre qu’un passage de karcher une fois l’an, essayez le balai et le seau, vous serez surpris du résultat. Le vert reviendra moins vite, et s’il revient quand même, vous saurez que c’est l’ombre du nord et l’eau qui stagne, pas un mauvais produit. C’est déjà plus simple à vivre.