Les pluies de septembre, chez moi, n’arrivent pas avec un faire-part. Un soir encore on dîne dehors, le lendemain le salon est trempé et on se dit qu’on avait le temps. Ranger salon de jardin automne, ce n’est pas fermer la saison comme un magazine. C’est rentrer les tissus, couvrir le cadre, et sortir ce qui pourrit avant que l’eau reste.
Ranger salon de jardin automne, chez moi, c’est rentrer les coussins dès 3 jours de pluie, poser une housse sanglée, et sortir sacs et outils du sol. L’eau de septembre ne sèche plus en 2 heures sur un tissu. Un samedi de 90 minutes évite souvent de racheter un lot à 80 €.
Depuis, je range avant. Pas tout le jardin. Huit gestes, une heure et demie un samedi matin. Deux qui mènent vers un achat plus tard, la housse de salon et un petit abri métal. Le reste, c’est des mains.
Le guide pour aménager son jardin sert à poser les choses. Là, on parle seulement de ce qui pourrit, ce qui rouille, ce qui s’envole, avant que septembre se rappelle qu’il sait pleuvoir.
Pourquoi septembre, pas quand il pleuvra
En Auvergne, les nuits baissent, l’air change, et les averses reviennent plus lourdes qu’en août. L’eau reste. Elle ne sèche plus en 2 heures sur un coussin. Le bois du salon gonfle. Les outils dehors prennent la rouille d’un coup, pas celle du printemps qui s’enlève au chiffon.
J’habite un peu à l’écart, grand jardin, pas un lot de pavillons où tout le monde range le même dimanche. Personne ne me regarde. C’est pire : je procrastine. Le chien se couche encore sur le canapé d’extérieur comme si c’était juillet. Je le laisse. Puis je râle.
Ranger maintenant, c’est moins romantique que profiter des derniers soirs. On peut profiter et ranger les textiles. Les soirs, on sort deux chaises. Pas toute la collection de coussins. Les pluies arrivent plus tôt certaines années, plus tard d’autres. Je ne joue plus à deviner. Début septembre, je fais le tour. Si on dîne encore dehors le 20, tant mieux. Les coussins, eux, sont au sec depuis le 3.
Le déperlant du tissu, ce n’est pas étanche. Une année, j’ai laissé les coussins une semaine. Samedi, ils avaient moisi : odeur de cave, auréoles grises, tissu qui colle. Madame les a regardés. On les a mis au sac, autour de 80 € le lot. J’ai lavé à 40 °C puis 60 °C, le tissu a vrillé, et j’ai râlé contre le prix alors que c’était ma faute.
Les huit gestes, dans l’ordre où je les fais
Pas un concours. Un tour du jardin, dans le sens des aiguilles, pour ne pas oublier le côté du cabanon. Quatre-vingt-dix minutes, café déjà pris.
1. Les coussins, les plaids, tout ce qui est tissu. Dedans, ou au moins au sec dans le cellier. Pas sous la table. Ça ne passe pas. Je les fais sécher s’ils sont déjà humides, je ne les empile pas mouillés. Une étagère, un sac en tissu ouvert, pas un sac poubelle fermé où ça transpire 12 heures.
2. La housse sur le salon, si le salon reste dehors. Moi je ne rentre pas le canapé d’angle. Il est trop grand, le passage de la cuisine n’est pas un hall. Alors je mesure, je couvre, je sangle. Une housse trop juste, ça tire sur les coutures. Une housse trop grande, ça claque au vent et ça fait de l’eau dessous. Une housse Oxford 420D à 600D, sanglée, autour de 20 à 45 € selon la taille. J’ai noté comment je la choisis, les quatre mesures, pas un top 10 de tissu trop fin.
3. Ce qui tient dans un petit abri, plutôt que sous une bâche jaune. Les sacs de terreau entamés, l’arrosoir métallique, les gants, le seau du chien, les jouets qui prennent l’eau. Le cabanon de bois prend déjà l’humidité si je ne fais pas gaffe. Un petit abri métal, recadré sous 5 m², c’est l’autre bout de la réflexion : ranger sans construire une seconde cabane. On n’est pas obligé d’acheter ce week-end. On est obligé de ne plus laisser les sacs dehors.
4. Les outils à main. Bêches, fourche, râteau. Je les essuie, je les rentre. Une année j’ai laissé la fourche contre le hêtre. Au printemps le manche était gris, la terre cuite dessus. Rien de grave. Juste un outil moins agréable, et de la rouille sur la terrasse quand je l’ai reposé.
5. Les pots vides et les soucoupes. Ils se remplissent. Les moustiques aiment ça, et l’eau qui gèle plus tard, sous 0 °C, fait éclater la terre cuite. Je les retourne ou je les empile au sec. Les pots encore plantés, c’est une autre note, plus tard. Là, je parle du vide.
6. Le tuyau et les arrosoirs. Je vide. Je roule. Je ne laisse plus le tuyau en plein travers de l’allée parce que j’arrose encore les tomates. Je les arrose encore, oui. Le tuyau, je le sors, je le rentre. Cinq minutes. Moins que de marcher dedans la nuit.
7. Le barbecue et ce qui sent encore l’été. Grille, pinces, la housse du barbecue si j’en ai une. Les graisses sous la pluie, c’est une gelée. Je gratte à chaud une dernière fois, je range les bouteilles. Ce n’est pas un grand ménage. C’est empêcher septembre de tout coller.
8. Un tour des coins qui pourrissent sans bruit. Sous la table, derrière le salon, le sac de terreau ouvert, la caisse de bouteilles vides, le torchon oublié. C’est là que ça moisit. Pas sur la photo. Je ramasse un sac. Un seul. Si j’en fais trois, je m’arrête au milieu et je ne finis pas.
Voilà. Huit. Pas quinze. Le parasol, si vous en avez un, je le plie et je le rentre ou je le sangle. Chez moi il n’y en a plus, le vent l’a eu il y a deux ans. Je n’en rachète pas pour l’instant.
Housse, abri, cellier : trois façons de ranger
Tout ne rentre pas dans la cuisine. Trois options, selon le volume et le budget.
| Critère | Option A | Option B | Option C |
|---|---|---|---|
| Quoi | Rentrer dans le cellier | Housse salon 420D à 600D | Petit abri métal < 5 m² |
| Pour quoi | Coussins, plaids, outils, tuyau | Cadre du salon trop grand pour la porte | Sacs, arrosoirs, jouets, surplus |
| Ticket | 0 €, 20 minutes | 20 à 45 €, 15 minutes à poser | Ticket plus gros, un week-end d’ancrage |
| Limite | La place. Chez moi, une étagère | Condensation si on laisse les tissus dessous | Condensation aussi, ancrage au vent |
| Mon ordre | D’abord les tissus | Ensuite le salon qui reste | Ensuite, si le cellier déborde |
L’option A, c’est le geste de ce samedi. L’option B, c’est l’achat que je pousse si le salon reste. L’option C, c’est si vous trimballez encore des sacs sous une bâche jaune. Deux liens, pas une liste d’envies.
Ce que je ne range pas encore
Les chaises légères, parfois, je les laisse. Deux. Pour le café du matin tant que ça tient. Sans coussin. Le bois nu sèche, le coussin non.
Les plantes en pot le long du mur ouest, je ne les rentre pas le 3 septembre. Trop tôt. Un coup de vent, une pluie, elles tiennent. L’hivernage des agrumes, c’est plus tard. Là, je parle des objets.
Le salon lui-même, s’il est en alu ou en résine tressée, reste. D’où la housse. S’il est en bois non traité, je réfléchis davantage. Chez moi c’est un mélange, acheté trop vite une année, et on vit avec.
Je ne sors pas le karcher pour tout laver avant l’automne le même jour. Sinon je ne range rien. Un balai, un seau, et on verra la terrasse une autre fois, dans l’entretien de la terrasse.
En pratique
- Sortez deux chaises nues pour les soirs qui restent. Rentrez tous les coussins, même ceux qui ont l’air secs. Séchage à plat si besoin, jamais empilés mouillés.
- Mesurez le salon sans les tissus. Quatre chiffres, table comprise ou non. Cherchez une housse 420D ou 600D avec sangles, 20 à 45 €. Le détail est dans housse salon de jardin.
- Videz le tuyau, essuyez les outils, retournez les pots vides. Cinq minutes par objet, pas une journée.
- Un seul sac pour les coins qui pourrissent. Terreau ouvert, torchon, bouteilles. Si le cellier déborde, regardez un petit abri métal sous 5 m².
- 90 minutes, un samedi matin, avant que le ciel se décide. Le guide d’aménagement a d’autres envies, les lumières, les finitions. Ça peut attendre, l’eau non.
Les pluies viendront. Elles se fichent de notre planning. Mieux vaut un salon un peu triste sous une housse, et des coussins qui sentent encore le tissu, que l’odeur de cave au moment du premier vrai dîner d’intérieur.