Abri de jardin en bois posé au fond d'un terrain, outils accrochés le long de la paroi

Installer un poulailler : où le poser, et quoi acheter

9 min de lecture

Madame me parle de poules depuis deux printemps, et comme je tourne toute la semaine pour le commerce, j’ai longtemps répondu que c’était encore une bestiole à nourrir dont je m’occuperais mal. Sauf qu’à force de l’entendre et de voir le coin derrière le cabanon ne servir strictement à rien, j’ai fini par sortir le décamètre un samedi de juillet, et on est passé de l’idée au projet en une heure.

Autant le dire tout de suite pour qu’on parte sur de bonnes bases : je n’ai pas encore de poules, et ce que vous lisez là, c’est le repérage d’un bonhomme qui a posé une cabane de travers en 2019 et qui a beaucoup lu avant de racheter quoi que ce soit. La cabane, elle, je l’ai vraiment installée, et c’est ce chantier-là qui m’a appris que l’endroit où on pose une caisse en bois compte bien plus que ce qu’il y a écrit sur le carton.

Un poulailler tient sur trois décisions : l’emplacement, qui doit être drainé, protégé du vent dominant et ombragé l’été ; la taille, avec environ 1 m² d’abri pour quatre poules et 5 à 10 m² d’enclos par poule ; et la fermeture du soir, parce que la fouine et le renard passent leurs nuits à chercher l’erreur. Le reste relève du confort, et se rattrape.

Le guide des abris de jardin parle du principe général, du bois, du métal et de la dalle. Ici je reste sur le poulailler, qui est un abri comme un autre par sa construction et pas du tout comme un autre par ce qu’il y a dedans, puisque ça vit, ça crotte et ça attire du monde la nuit.

L’emplacement, la seule décision qu’on ne rattrape pas

Chez moi, le premier réflexe a été de le coller dans le creux derrière le cabanon, là où rien ne pousse et où personne ne va. Mauvaise idée, et je le savais avant même de finir de mesurer : c’est justement là que l’eau se rassemble en novembre, l’argile colle aux bottes jusqu’en mars, et je me voyais déjà porter des seaux dans quinze centimètres de boue. Un enclos qui ne sèche jamais, c’est de la boue permanente, des pattes sales, et des maladies qui s’installent tranquillement.

Ce que je regarde maintenant, c’est un endroit qui draine tout seul, avec une légère pente naturelle, à l’abri du vent dominant et sous une ombre d’après-midi. Le hêtre de l’allée fait justement de l’ombre à cette heure-là, et une poule supporte bien mieux le froid que trente degrés en plein cagnard. En hiver ce sera l’inverse, il faudra que le soleil du matin arrive jusqu’à la porte, alors le compromis se joue sur quelques mètres.

Pensez aussi aux voisins et à la mairie, parce que c’est le genre de détail qui se règle mal après coup. Un abri de moins de 5 m² d’emprise au sol ne demande en principe aucune formalité, entre 5 et 20 m² il faut une déclaration préalable, et le plan local d’urbanisme peut ajouter ses propres règles de distance en limite de propriété. Deux minutes au téléphone avec la mairie valent mieux qu’un courrier six mois plus tard, et si vous envisagez un coq, posez la question à vos voisins avant de poser le poulailler.

Combien de poules, et quelle taille d’abri

C’est là que la plupart des gens se trompent, moi le premier quand j’ai commencé à regarder les fiches. Les fabricants annoncent « 6 poules » sur des caisses où six poules ne tiendraient debout qu’en se serrant, et l’enclos vendu avec fait souvent deux mètres carrés, ce qui est un balcon. Les repères que j’ai retenus, et qui reviennent partout dès qu’on sort des pages produit, tournent autour d’un mètre carré d’abri pour quatre ou cinq poules, vingt centimètres de perchoir chacune, et un pondoir pour trois ou quatre.

L’enclos, lui, c’est le vrai budget place. Comptez 5 à 10 m² par poule si elles y restent en permanence, et beaucoup moins si vous les lâchez dans le jardin la journée, ce qui sera mon cas le week-end. Attention quand même à ce que vous lâchez : une poule gratte, elle retourne un massif en deux après-midis, et le potager doit être fermé si vous tenez à vos salades.

Critère Bois 2 à 4 poules Bois 6 à 8 poules Plastique / résine
Emprise au sol Environ 1 m² 2 à 4 m² 1 à 2 m²
Enclos fourni Souvent minuscule Correct, à agrandir Rarement
Nettoyage Recoins à gratter Recoins à gratter Passage au jet
Poux rouges Se logent dans le bois Se logent dans le bois Beaucoup moins
Résistance fouine Selon le loquet Selon le loquet Bonne si fermé
Durée de vie 5 à 10 ans si traité 5 à 10 ans si traité Très longue
Budget constaté 120 à 250 € 250 à 600 € 400 à 900 €

Les fourchettes ci-dessus sont celles que je relève en ligne et en jardinerie cette saison, pas un tarif gravé : elles bougent beaucoup selon la saison et selon l’épaisseur réelle du bois, qui est le seul chiffre qui compte vraiment sur une fiche.

Le poulailler lui-même, et ce que je regarde sur la fiche

Sur le bois, l’épaisseur des parois est le critère numéro un, et en dessous de 12 mm on est sur du contreplaqué de niche qui gondolera au deuxième hiver. Regardez ensuite le toit : une simple planche vissée prend l’eau, alors qu’un toit en bitume ou en tôle avec un débord suffisant protège aussi les parois quand il pleut de travers, ce qui arrive souvent chez nous. Le plancher amovible et un tiroir à déjections font gagner un quart d’heure à chaque nettoyage, et sur une corvée hebdomadaire, ça compte plus qu’on ne croit.

Pour débuter
Ferplast Hen House 10

Ferplast Hen House 10

Annoncé pour 4 poules, 124 x 98 x 110 cm
Toit ouvrant et tiroir à déjections amovible
Pondoir séparé, porte latérale verrouillable
Pas d'enclos, il faudra le grillage à part
Intérieur 85 x 63 cm, juste pour la nuit
Bois de pin, à traiter dès la pose
Habitat & Jardin Poulailler Princesse

Habitat & Jardin Poulailler Princesse

Enclos grillagé inclus, 171 x 65 x 120 cm
Toit en feutre bitumé anti-UV
Deux portes verrouillables et une rampe
4 poules sur la fiche, 2 à 3 en vrai confort
Enclos étroit, 65 cm de large, à agrandir
Bois à lasurer dès la pose
Le format que je prendrais
IDMarket Poulailler Chalet XXL

IDMarket Poulailler Chalet XXL

Annoncé 6 à 10 poules, 133 x 131 x 118 cm
Pondoir 3 compartiments, tiroir à déjections zinc
Toit bitumé waterproof, loquets sur les portes
Structure en contreplaqué, à lasurer tout de suite
10 poules sur la fiche, je viserais 6
Pas d'enclos fourni, juste l'abri

Un point que je n’avais pas anticipé : le perchoir doit être plus haut que les pondoirs, sinon les poules dorment dans les pondoirs et vous ramassez des oeufs sales tous les matins. Ça se corrige avec une chute de tasseau, mais autant regarder la photo du montage avant d’acheter.

La fouine, le rat, et la porte qui se ferme toute seule

Voilà le sujet dont on parle le moins dans les fiches produit, et celui qui décide si l’aventure dure. Une fouine passe par une ouverture de cinq centimètres, un rat creuse sous une paroi posée à même la terre, et le grillage hexagonal vendu comme « grillage à poules », avec ses mailles de cinquante millimètres, ne sert qu’à empêcher les poules de sortir. Pour empêcher quelque chose d’entrer, il faut du grillage soudé à maille fine, autour de treize millimètres, et il faut l’enterrer sur trente à quarante centimètres ou le replier en jupe vers l’extérieur.

Grillage soudé galvanisé maille fine

Arrête la fouine et le rat, pas seulement la poule
Se replie en jupe anti-fouisseur
Galvanisé, il tient des années dehors
Se coupe mal sans une bonne pince
Plus cher au mètre que le grillage hexagonal
Le poser demande une après-midi

L’autre chose que je mettrai dès le début, c’est une porte automatique. Une poule rentre seule au crépuscule, et tout le travail consiste à refermer derrière elle, sauf que le crépuscule à Clermont en décembre tombe à dix-sept heures et que je suis souvent sur la route. Une trappe à minuterie ou à capteur de luminosité ferme à la bonne heure toute l’année, et je ne me vois pas demander à Madame de traverser le jardin sous la pluie tous les soirs de la semaine.

Le vrai confort

Porte automatique de poulailler

Ferme au crépuscule même quand vous n'êtes pas là
Modèles à capteur de lumière ou à horloge
Se monte sur un poulailler existant
Batteries ou piles à surveiller l'hiver
Le rail se coince si le bois travaille
Ne remplace pas un enclos bien fermé

Reste la litière, qui n’a l’air de rien et qui décide de l’odeur. Les copeaux de bois dépoussiérés ou le chanvre absorbe bien mieux que la paille, qui moisit dès qu’elle prend l’humidité, et le fumier de poule est un engrais très fort qu’il faut composter plusieurs mois avant de l’approcher du potager. Mis frais au pied des salades, il les brûle, et vous accuserez la sécheresse.

En pratique

  1. Repérez un endroit qui draine, à l’ombre l’après-midi et hors du vent dominant. Marchez-y après une grosse pluie avant de décider.
  2. Mesurez l’emprise au sol. Sous 5 m², pas de formalité en principe ; entre 5 et 20 m², déclaration préalable en mairie.
  3. Comptez 1 m² d’abri pour 4 poules, 20 cm de perchoir par poule, 1 pondoir pour 3 ou 4.
  4. Comptez 5 à 10 m² d’enclos par poule si elles y restent la journée.
  5. Vérifiez l’épaisseur des parois sur la fiche. Sous 12 mm, passez votre chemin.
  6. Prenez du grillage soudé maille 13 mm, pas du grillage hexagonal, et enterrez-le sur 30 à 40 cm.
  7. Posez le poulailler sur des parpaings ou une dalle, jamais à même la terre.
  8. Ajoutez la porte automatique dès le départ si vous rentrez tard.
  9. Copeaux ou chanvre en litière, et le fumier au compost pour six mois minimum.

Si je devais résumer ce que ce repérage m’a appris, c’est que le poulailler compte moins que ce qu’il y a autour : un abri correct posé au bon endroit, avec un enclos vraiment fermé, vaut mieux qu’une belle caisse plantée dans un creux boueux. Je passe l’hiver à préparer le coin et à finir de convaincre le chien, qui a des idées bien à lui sur le sujet, et si tout se passe bien les premières poules arrivent au printemps. Pour la dalle et l’ancrage, le guide sur installer une cabane de jardin en bois fait déjà le tour de la question, et un poulailler se pose exactement pareil.